Auteurs lauréats 2006

Publié le par
virginie

Les auteurs lauréats boursiers 2006 étaient : Manu Causse, Cédric Demangeot, Hélène Duffau, Daniel Giraud, Santiago Mendieta et Blandine Pluchet.

Manu Causse

Manu Causse © W. Broens

Manu Causse © W. Broens

Manu Causse est né à l’âge de 33 ans ! Durant cette longue phase de gestation, celui qui s’est choisi ce pseudonyme a d’abord été étudiant avant de devenir enseignant de français et de littérature. Ont succédé aux premières productions écrites universitaires, dix années d’affûtage de « son bic rouge dans la marge de milliers de copies d’élèves » de quelques départements. En 2004, l’envie d’écrire d’une autre couleur le démange subitement ; il lui laisse libre court et publie à sa naissance, en 2005, un recueil de nouvelles (Petit guide des transports à l’usage du trentenaire amoureux, Page à Page). Manu Causse impose alors à son inventeur d’origine gersoise de cesser l’enseignement pendant un an et de déménager à Toulouse. Depuis, il a traduit un roman américain et achève un deuxième recueil de nouvelles. Soucieux de son avenir professionnel, cet auteur à l’humour caustique s’aventure dans un nouveau projet pour lequel le CRL lui accorde une bourse d’écriture: un roman « à propos d’un chien mort et d’un écrivain qui a des problèmes avec son frigo. Ou sa machine à laver, faut voir ».

Cédric Demangeot

A seulement 32 ans, Cédric Demangeot a déjà trempé sa plume dans plusieurs encriers.
Polyglotte, il traduit régulièrement depuis 1998 des récits et surtout de la poésie en anglais, espagnol et bengali. Installé depuis fin 2000 en Midi-Pyrénées, d’abord à Toulouse, il fonde en 2001 la revue annuelle de poésie et de littérature Moriturus (cinq numéros parus à ce jour, avec plus de soixante-dix collaborateurs). Avant de s’essayer à l’écriture de nouvelle et de récit, c’est au sein de cette revue entre autres qu’il investit le champ de la prose sous forme d’articles et de préfaces pour en venir à l’essai, toujours en lien avec son genre de prédilection qu’est la poésie. Dans ses six recueils de poésie (le dernier à ce jour, & Cargaisons, Grèges, 2004), il explore dans une langue oscillant entre chaos et affirmation de soi, ce sentiment de vertige et d’agonie dû à une conscience très forte de l’impuissance de l’homme face à un monde en dérive. S’il souhaite toujours approfondir sa connaissance des « abîmes physiques de l’esprit » à travers un travail de profonde introspection, ce jeune poète est désormais soucieux de « dégonder l’écriture vers l’Autre », en interrogeant un certain nombre de figures et d’hommes, démarche qu’il met en œuvre dans son projet en cours, « Et ferraille » pour lequel il reçoit une bourse du CRL.

Hélène Duffau

Hélène Duffau © Jacques Sassier

Hélène Duffau © Jacques Sassier

Après diverses expériences dans l’audiovisuel, l’édition et la formation professionnelle, Hélène Duffau trouve d’abord sa voie dans l’écriture et l’interprétation de ses propres textes rock pendant plus de dix ans avant de devenir auteure de fiction en 2000. Les extraits de chansons en introduction de chaque chapitre de ses deux romans Trauma (2003) et Combat (2004) publiés chez Gallimard, rappellent que son écriture puise son énergie dans son goût pour la parole musicale. De cette écriture mimétique de la colère, à la fois nerveuse, en tension et acérée, Hélène Duffau martèle ce combat pour la vie et la reconstruction de soi malgré les agressions du quotidien, de la société, de l’autre. Animatrice d’ateliers d’écriture par choix, préparatrice de copie et correctrice pour boucler le budget familial, elle ne peut écrire dans l’urgence, elle qui aime se laisser surprendre par son propre texte. Grâce à la bourse du CRL, elle pourra consacrer les mois à venir à un nouveau roman prenant pour prétexte le souvenir d’une odeur de craie.

Daniel Giraud

Daniel Giraud

Daniel Giraud

Daniel Giraud est avant tout un voyageur, un poète et un philosophe du temps présent. Se définissant comme anarchiste individualiste, il arrête très tôt sa scolarité et fonde des revues comme Le Cri et Révolution intérieure. Il n’a jamais envisagé de travailler. Bien au contraire, après un tour du monde, il s’enracine dans les montagnes ariégeoises en 1972 où il écrit nombre de recueils de poésie pour dire son dégoût du monde. Il se passionne aussi pour l’astrologie (Métaphysique de l’astrologie, Veyer, 1989 – essai), l’ésotérisme et les ermites chinois. Sans rien connaître du chinois, il passe quinze ans à traduire à l’aide d’un simple dictionnaire le Tao Te King, le Yi King (le Courrier du Livre,1989, réédité chez Bartillat en 2003) et le Hsin Hsin Ming (Arfuyen 1992), clôturant cette phase de prolixe production. Toujours dans cette quête de réalisation de soi, Daniel Giraud couche à nouveau sur le papier sa pensée foisonnante (Quelque part, Bartillat, 2002 ; Li Po – L’exilé du ciel, Serpent à plumes, 2004) et reçoit une bourse du CRL pour un essai philosophie intitulé provisoirement « L’accès au sans-accès ».

Santiago Mendieta

Santiago Mendieta

Santiago Mendieta

Le toulousain Santiago Mendieta a décidé de vivre de la passion qui l’habite : les Pyrénées et leur versant espagnol. A la fois journaliste (quinze ans à Pyrénées Magazine), documentariste et auteur de guides, rédacteur en chef adjoint du magazine Rando Pyrénées, il devient en 2004 journaliste indépendant et auteur. Outre la traduction (Nanga Perbat de D. Torres Ruiz, Glénat, 2002, prix Desnivel), Santiago Mendieta s’attache à la mémoire des Pyrénées et de leur population. Après un ouvrage salué par la critique révélant des photographies méconnues prises par des pionniers du pyrénéisme aux XIXe (La photographie à l’assaut des Pyrénées, Glénat, 2004), il poursuit ce travail d’investigation à l’étranger pour recueillir les témoignages et documents nécessaires à son prochain roman, Ode à La Isabela qui traite du déracinement des habitants d’un village thermal pyrénéen du fait d’une politique hydraulique volontariste de la part de l’Espagne. Il publiera au printemps 2007 son premier roman historique (L’or de Canfranc, Privat) portant sur la passé politique de l’Espagne.

Blandine Pluchet

Blandine Pluchet

Blandine Pluchet

A l’instar des grandes découvertes, le hasard est intervenu dans la vie de Blandine Pluchet. Alors que les éditions Le Pommier réfléchissent à publier des ouvrages de vulgarisation scientifique pour la jeunesse, cette jeune physicienne en recherche d’emploi leur envoie le manuscrit d’une fiction où l’héroïne Fisie Ka découvre au cours de ses aventures les mystères de la Physique. Celui-ci est publié quelques mois après, amorçant la collection éponyme de fictions scientifiques illustrées pour enfants de 8 à 12 ans. Le cinquième ouvrage est en préparation. Aubaine pour la maison d’édition ; tremplin pour Blandine Pluchet qui s’attache à dépoussiérer la pédagogie de l’univers des sciences auprès des enfants en insistant sur l’imaginaire plutôt que sur la découverte expérimentale pure, en replaçant la physique dans un contexte quotidien et historique. La bourse du CRL l’accompagnera dans l’élargissement de son champ d’exploration littéraire pour un projet d’histoires courtes traitant chacune d’un bref sujet de physique et pouvant être publiées sous forme d’albums ou de recueils.

Textes écrits en 2006.

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