Auteurs lauréats 2007

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CRL

Les auteurs boursiers lauréats 2007 étaient Corinne Aguzou, Michel Baglin, Claude Clément, Pierre le Coz, Didier Debord et Isaac Wens

Corinne Aguzou

Avant son arrivée à Toulouse en 2002, Corinne Aguzou écrit trois romans, deux recueils de poésie… Quelques poèmes sont publiés dans la revue Midi. A partir de 2002, elle anime ponctuellement des rencontres publiques à la librairie Ombres Blanches. Côtoyer à ces occasions des écrivains confirme sa nécessité d’écrire. Elle se lance alors dans un nouveau projet : un roman, auquel elle consacre deux années de sa vie et que les éditions Tristram publient en 2006. La révolution par les femmes étonne la critique : roman engagé, roman sur les luttes contre les violences de la société menées par six femmes qui s’unissent pour changer le cours des choses. Le récit d’une révolution post-féministe qui surprend par son regard amèrement humoristique sur le discours militant, par une écriture sèche, rude, serrée, un ton à la fois politique et burlesque… Corinne Aguzou a reçu une bourse du CRL pour un second roman, poursuite de sa réflexion sur le rapport homme-femme dont le postulat de l’égalité offrirait une nouvelle organisation sociale post-patriarcale riche de possibles.

Michel Baglin

Michel Baglin © D. Bécus - 2004

Michel Baglin © D. Bécus – 2004

Mettre entre parenthèses son activité de journaliste est ce que souhaite Michel Baglin pour les mois à venir… Journaliste, il l’est depuis plus de trente ans pour La Dépêche du Midi. Loin de se cantonner à la presse, il collabore à de nombreuses revues (Europe, Brèves, NRF…), crée et anime pendant dix ans la revue et les éditions Texture spécialisées en poésie. En aventurier de l’écrit, il explore plusieurs champs littéraires, en alternance.
Il débute par la poésie en 1974 et reçoit le prix Max-Pol Fouchet en 1988 pour le recueil Les Mains nues (L’Age d’homme). Romancier (Un sang d’encre, N&B, 2001), il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles (Des ombres aux tableaux, SPM, 1994), de récits (Entre les lignes, La Table Ronde, 2002) et de deux essais, dont Poésie et Pesanteur (Atelier du Gué, 1992) où il repense la place de la poésie et du poète. Il s’intéresse aussi à la photographie et signe Les Chants du regard (Privat, 2006) où se rejoignent en poésie ses textes et des photographies de Jean Dieuzaide.
Avec plus de vingt parutions à son actif, et s’efforçant à ce que la vie et l’écriture soient le moins possible dissociées, cet hédoniste va mettre à profit la bourse d’écriture du CRL pour mener à termes la suite de Lettre de Canfranc (Rhubarbe, 2005) où après avoir abordé les analogies et les différences entre l’écriture journalistique et l’écriture littéraire, il s’attachera au parallèle entre l’écriture et la marche, deux façons de prendre pied dans le réel.

Claude Clément

Claude Clément © Daniel Escoulen

Claude Clément © Daniel Escoulen

Des contrées étrangères qu’elle a parcourues, Claude Clément en a puisé son inspiration. Outre son enfance au Maroc, son voyage en Tchécoslovaquie est une révélation qui la reconduit sur les bancs de la faculté (obtention d’un diplôme supérieur de tchèque et d’un diplôme d‘interprétation de textes slovaques, participation pendant quatre ans à un séminaire sur la Littérature d’Europe centrale animée par Milan Kundera).
Elle commence alors ses premiers travaux de traduction, des contes pour enfants, le conte faisant l’objet d’une longue tradition en Slovaquie. C’est dans ce genre que naturellement elle écrit ses premiers textes dès 1980. Après une longue collaboration avec Bayard Presse pour la collection « Pomme d’Api », elle connaît le succès avec Le peintre et les cygnes sauvages (Casterman, 1986) et Le Luthier de Venise (L’Ecole des Loisirs, 1989), lui permettant de mettre de côté les traductions pour ne plus partager son temps qu’entre écriture et théâtre, car Claude Clément crée en 1995 la compagnie Auteurs en scène qui lui permet de mettre en scène certains de ses textes.
Débordante d’énergie et de créativité, mais forcée d’animer des ateliers d’écriture et de théâtre pour vivre, cette auteure reconnue trouve encore le temps de se lancer un nouveau défi pour lequel elle reçoit une bourse du CRL : l’écriture d’un texte dense, long, au souffle épique, une trilogie à l’univers fantastique, où il lui faut créer un monde de toutes pièces.

Pierre le Coz

Pierre Le Coz

Pierre Le Coz

Occupé à mi-temps par l’Education nationale, Pierre Le Coz n’en est pas moins un étonnant voyageur de l’écrit. Il débute par la publication de proses poétiques urbaines dans diverses revues dans les années 1980-90 pour s’ouvrir ensuite à la topo-fiction. Pierre Le Coz est un flâneur qui aime mettre à l’honneur ses terres d’accueil que sont la Bretagne, l’Aveyron, le Midi toulousain et le Maroc. Il fait ainsi partager ses rêveries et vagabondages poétiques dans des guides touristiques et des récits de voyage (chez Rando éd. : Le piéton de Toulouse, réédité en 2005 ; Le piéton de Marrakech, 2007). Cette écriture caractérisée par une grande prégnance des lieux visités se retrouve notamment dans sa trilogie marocaine (aux éd. du Laquet : L’éternité à Taroudannt, 1999, Les silences de Marrakech, 2001, Les feux d’Essaouira, 2002) où il pratique le voyage comme une ascèse. Dans son projet de roman en cours et pour lequel il reçoit une bourse du CRL, il pousse sa réflexion au voyage intérieur, et ce, sous forme d’un périple initiatique à l’appui de la réminiscence.

Didier Debord

Didier DebordDidier Debord a la tête ailleurs… Parti à l’étranger pendant treize ans, il revient en France en 1991, et comme pour ne jamais perdre la saveur des consonances des langues qu’il a pratiquées, il se met à traduire. Au fil des ans, il traduit non seulement de la littérature allemande, anglaise et des œuvres universitaires suisses, mais aussi des textes pour la jeunesse (albums, contes, fictions, pédagogie ludique)…, plus de cent traductions à ce jour . Rapidement après ses débuts de traducteur, il laisse son imaginaire vagabonder sur des pages blanches dans sa langue maternelle, pour les enfants. Dès 1992, il écrit ses premières nouvelles, publie son premier roman pour la jeunesse en 1995, pour lequel débute son tandem avec Birgit Kilian-Debord. En 2005, il achève son deuxième roman pour la jeunesse, La guerre des sables, commande de Michalon à paraître en 2007. Il décide en 2006 d’arrêter de travailler pour un éditeur suisse pour se donner le temps de finir son troisième roman, « La Quête de l’horizon » dans lequel il met à profit ses années passées en Algérie et au Mexique, additionnées d’un travail de documentation et d’écriture sur le Japon : un projet de longue haleine que la bourse du CRL a choisi d’accompagner.

Isaac Wens

Isaac Wens

Isaac Wens

Isaac Wens a fait du chemin dans sa bulle. D’abord graphiste, il collabore pour la presse jeunesse, illustre plusieurs romans de Jules Verne sur CD-Rom et publie ses premières bandes dessinées chez Mosquito, Castor Joseph (1998) et Robert le diable (2000). Il débute en 2005 sa collaboration avec le scénariste Rodolphe dans la série « London » aux éditions Glénat où ses dessins charbonneux plantent l’atmosphère oppressante et mystérieuse de l’Angleterre des mythes de Jack l’Eventreur et Dracula. Deux volumes paraissent en 2005, le troisième est prévu pour 2007. Issac Wens travaille aussi en solo et offre en 2005 dans Blog du capt’ain Arobase (Mosquito) un regard décalé sur l’actualité et le quotidien vu par les extraterrestres du vaisseau spatial du Capt’ain Arobase. Il souhaite poursuivre cette expérience en proposant l’année 2007 sous forme de journal de bord décalé, « le Martien illustré », pour rendre compte de l’air du temps à l’appui de chroniques au jour le jour (à présent en ligne sur le « blog du Capt’ain @ »). La bourse qu’il obtient du CRL vient lui donner une bulle d’air pour se détacher de la BD traditionnelle, voire commerciale, et se consacrer à une narration plus personnelle.

Textes écrits en 2007.

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