Auteurs lauréats 2011

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CRL

Les auteurs lauréats en 2011 sont : Ana Tot (poésie), Julien Campredon (nouvelles),  Julie Eugène (jeunesse), Abdelmadjid Kaouah (poésie), Anne Letuffe (jeunesse), Anaïs Massini (jeunesse), Catherine Moreau (thriller psychologique), Bernadette Pourquié (théâtre), Yannick Robert (BD) et Fabien Sanchez (roman)

Ana Tot

Ana Tot – Copyright Y. Kung

Naissance fin des années 60 dans le pays du père. Arrivée précoce ici. Langue maternée. Maternelle française. Enfance sans sommeil. Cauchemars éveillés. La découverte tardive de la lecture, puis de l’écriture, remplit l’insomnie.

À l’âge adulte, rencontre la sieste et les rêves. Ne se réveille plus que pour en témoigner. Écriture de nouvelles. Premiers poèmes par incompréhension et détestation de la poésie. Révélation de sa propre hétéronymie. Pessoa, Céline…
Rares périodes d’activités professionnelles autour du livre. Malgré un penchant pour le dilettantisme, création de la revue Hélice (1992-1994) et du Tournevisme, collectif dont plus de la moitié des membres sont imaginaires ; puis éditions Le grand os. Littérature nerveuse. Philosophie brute. Rires. Dialogues intérieurs et extérieurs. Dada, Luca, Tarkos… Langage troué et identité membraneuse (premières intuitions). Livres d’artistes avec des plasticiens et des photographes. Lectures à haute voix. Traductions de l’espagnol. LGO, nouvelle revue.

À 40 ans, cigale : dansons ! Corps-texte. Expérimentations au sein de la troupe Pasina & cie : mises en scène, en images, en voix, en mouvements… de la matière textuelle. Danse-théâtre, performances, spectacles plastiques et hybrides.
Recueils édités : Mottes mottes mottes, Traités et vanités et, sous un autre nom, L’o de trous. En chantier : « Méca », 2e volume d’un triptyque organo-mécanique, journal sans identité, catalogue de discours, verbes et proverbes.

Julien Campredon

Julien Campredon

De son épitaphe, on retiendra : Julien Campredon obtint la bourse du CRL Midi-Pyrénées en 2011 et partit planquer l’argent en Uruguay.

À 32 ans, il est vieux pour un jeune, et jeune pour un vieux. Nouvelliste qui se confirme (Boris le Babylonien – éd. Atelier du Gué, Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes – éd. Monsieur Toussaint Louverture), Julien Campredon écrit des nouvelles, car il aime fonctionner par raccourcis de pensée, et du raccourci naît la forme courte. Réalisme magique dit-on, réalisme absurde martèle cet auteur qui, ne doutant de rien, ancre sa littérature au cœur d’un Languedoc qui serait ce qu’il devrait être : intelligent, occitan, et drolatique. GQ Magazine a classé Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes parmi les 50 meilleurs livres des années 2000.

Grâce au CRL, l’auteur travaille actuellement sur son quatrième livre : L’Attaque des dauphins tueurs (à paraitre en novembre 2011, éd. Monsieur Toussaint Louverture).
Le 4 mai est sorti chez Léo Scheer son second recueil.
C’est pourquoi par ces temps de vaches maigres, Julien Campredon vous invite à jeter votre argent par la fenêtre :
Lisez L’assassinat de la Dame de Pique !
L’assassinat de la Dame de Pique rend fort !
L’assassinat de la Dame de Pique rend beau !
L’assassinat de la Dame de Pique rend intelligent !
L’assassinat de la Dame de Pique rend productif !
L’assassinat de la Dame de Pique rend libéral !
Et surtout :
L’assassinat de la Dame de Pique vous rend la monnaie de votre pièce !*

*offre valable en francs seulement

Julie Eugène

Julie Eugène

Julie Eugène est une illustratrice originaire de Toulouse.  Diplômée de l’École Émile Cohl de Lyon en 2009, elle revient à Albi. En plus de se consacrer à la réalisation d’albums illustrés et au graphisme, elle anime des ateliers et des cours de dessins à Albi et à Toulouse.
En 2008, elle a illustré Et encore à l’envers ! aux éditions Arphilvolis, puis en novembre 2009, Terre vierge, dans le cadre de l’année de la France au Brésil. Elle prépare un nouvel album : Quelle odeur épouvantable ! avec les P’tites canailles éditions.
En avril 2011, elle publie son premier album en tant qu’auteur et illustrateur :  On l’appelait Lulu, mon grand-père aux éditions ZOOM.

Son travail nous invite à retrouver la candeur de l’enfance.
Elle privilégie le trait ; à la fois précis et épuré, il souligne un besoin de clarté.
Il est complété par des aplats de couleur à la gouache, doux ou saturés, selon l’intensité de l’émotion à partager.
Un langage s’établit entre le trait, l’aplat et les mots, où maîtrise et spontanéité se côtoient pour faire ressortir un monde drôle, parfois triste, mais toujours tendre.

Abdelmadjid Kaouah

Abdelmadjid Kaouah

Né à Aïn-Taya, près d’Alger, Abdelmadjid Kaouah a consacré son mémoire de Maîtrise de Lettres modernes (UTM)  à la poésie algérienne de langue française. Ses poèmes ont été notamment publiés par diverses revues en Algérie, en France et en Europe. A la suite des violences qui bouleversent l’Algérie au début de la décennie 90,  il  s’exile  et s’installe dans la région de Toulouse. Il est chroniqueur littéraire  dans une radio locale toulousaine et dans la presse .

« La poésie d’Abdelmadjid Kaouah se fait avec les os et le sang de l’air, les yeux de l’eau, les mains du  feu. Partout où il y a de l’amour et de la lutte pour l’amour. La poésie de Kaouah est un chemin vers la liberté. Elle nous rappelle qu’il faut arriver au plus profond de soi, dans son lointain territoire intime pour soudain trouver l’autre et sa langue. La langue dans la langue, derrière la langue de la Parole, qui fait soudain la bouche qui dit. » Serge Pey

Ses dernières publications : Poésie algérienne francophone contemporaine (Autres temps éditions, Marseille, 2004), Toute passe/Ithaque (Encres Vives,2009), Retour en Algérie, amère saison (récit, Cahors, La louve, 2009), Arabes de France/en France (beau-livre, en qualité de co-auteur, Les Nouvelles éditions Loubatières, 2010).

Anne Letuffe

Anne Letuffe

Elle a fait ses premiers pas en 1973, dans la campagne d’Angoulême. Elle grandit et elle dessine… À 18 ans, elle dessine toujours et elle quitte sa ville natale pour suivre 4 années d’étude en Arts Appliqués, à Toulouse. À partir de 1996, elle travaille dans différents domaines : la communication, la presse, et l’édition jeunesse. Elle édite son premier album auteur-illustrateur en 1997 (Le rêve d’oscar chez Frimousse), suivent ensuite d’autres albums chez différents éditeurs, Didier jeunesse pour l’illustration de comptines populaires comme Meunier tu dors , Casterman pour un recueil de comptines, l’Atelier du poisson soluble pour Les 3 petites culottes ou Le Loup du Louvre.

Anne Letuffe écrit ses histoires, ou elle illustre les textes qu’on lui propose, dans tous les cas, elle aime construire un univers particulier à chaque nouvel album, pour interpréter au mieux l’histoire. Elle insère dans ses dessins à la plume et encre de chine, des « vraies choses », comme disent les enfants : un caillou (quoi de plus beau ? ), une feuille d’arbre, un bout de tissus effiloché, un papier froissé, de l’eau ou un nuage photographié. Anne Letuffe aime que ces petits bouts de réalité amènent leur propre poésie, tout en participant au récit.

Elle travaille actuellement sur une série d’albums appelée On dirait… qui met en rapport l’enfant et le paysage naturel ou urbain. Elle a eu envie de s’adresser aux tout-petits car elle est devenue maman. Cette étape a inévitablement changé son regard sur l’édition jeunesse, en tant que lectrice, et en tant qu’illustratrice. Sa petite fille lui apprend son métier !

Anaïs Massini

Anaïs Massini

Premiers pas et premiers mots à Décines, entre Montchat et Meyzieu dans la banlieue lyonnaise, ça ne s’invente pas. Avant de goûter la liberté de la campagne Beaujolaise. Une enfance riche et choyée, source intarissable et régénérante, toujours désaltérante lors des longues traversées de désert.

Première rencontre avec l’édition jeunesse à Hamburg, étudiante Erasmus ; et découverte, en allemand dans le texte, de ce monde et ceux qui le façonnent. Un diplôme obtenu avec mention aux Arts décos de Strasbourg, et l’illustration devient un métier dont il faut vivre.
Nécessités alimentaires, erreurs des premières années, la jeune femme ne s’y retrouve pas.

L’arrivée de deux enfants et l’installation dans un village perdu de l’Aveyron mettront un terme aux doutes et aux commandes dictées par les exigences commerciales. De l’isolement et la précarité naîtront un travail d’auteur, des débuts d’écriture, un nouveau départ.
L’album Les Ailes d’Anna en tandem avec Anne Cortey, puis Dans la maison de Poupée : premier titre auteure et illustratrice. Débutante expérimentée.
Nuit d’hiver, nouvel album à paraître, à nouveau avec Anne Cortey au texte, reçoit le soutien du CRL. Une première bourse. J’en suis très honorée.

Catherine Moreau

Catherine Moreau

Atypique, c’est le mot qui définit souvent Catherine Moreau. Elle ne le conteste pas dans la mesure où elle affirme n’être dirigée que par la Liberté, avec le désir pour moteur.
Une Maîtrise de Lettres Modernes en poche, elle assouvit son envie de découvertes en devenant hôtesse navigante à Air France. Puis elle reprend ses études et obtient le titre de Docteur en Langue et Littérature Françaises à la Sorbonne en rédigeant la première thèse consacrée à l’écrivain Philippe Djian. Seront édités un essai à partir de la thèse et un livre d’entretien avec l’auteur.

Après une formation à l’animation d’ateliers d’écriture à L’Aleph, elle quittera définitivement l’uniforme pour travailler à l’Université, où elle interviendra auprès de différents publics pendant cinq ans.

Parallèlement, elle se lance dans l’écriture jeunesse « simplement parce que j’en avais envie pour mes enfants, un pur artisanat ». L’école ensorcelée, paru en 1998, premier des 10 livres qui suivront, réédité trois fois, vient de remporter le Prix Littéraire des Violettes décerné par le jeune public.

Depuis toujours elle écrit de la poésie « il faudra un jour que je me décide à l’éditer », exercice « vital » qu’elle compare au fait de tailler des diamants. «Que l’on écrive l’essai, le roman, la nouvelle, l’album ou le récit, ce n’est jamais qu’une affaire d’écriture. Le peintre a ses couleurs, l’écrivain a ses mots. Direction l’atelier et au boulot ! »

Son premier livre en littérature générale, lauréat d’une bourse Languedoc- Roussillon en 2001 attend toujours son éditeur « pas de chance, il avait été pris, mais l’éditeur s’est fait virer une semaine après. Quand les choses ne tournent pas rond, il faut savoir attendre. Écrire, c’est ça l’important ».

Ce nouveau roman adulte, elle le définit comme un thriller psychologique. Un défi. L’histoire inracontable d’une enfance entre 0 et 7 ans, enfance recluse où planent les fantômes, déambulent les ombres, explose la réalité dans sa forme la plus crue. « Je suis allée trouver la possibilité de l’écrire dans l’écriture elle-même, encore une fois elle m’a montré la voie. J’ai travaillé le dépouillement, l’épure pour que ne restent  que l’émotion, le visuel. On pourrait croire qu’il n’est pas écrit. De fait, on entend mieux la musique…J’espère ! »

Bernadette Pourquié

Bernadette Purquié – Copyright Olivier Minh

Originaire du Lauragais, Bernadette Pourquié a fait ses études à Toulouse. Après avoir examiné des dizaines de livres sous toutes leurs coutures – en travaillant dans l’édiTION, la formaTION, la correcTION, la traducTION, la médiaTION et l’animaTION (littéraires)… – elle se décide enfin à passer à l’acTION et à envoyer un manuscrit avant l’âge fatidique de 30 ans. Cet album (paru en 2004) et les suivants l’inciteront petit à petit à assumer sa vocaTION. A présent auteur de dix titres (suivis de quelques développements…), elle entend persévérer.
Ses livres jeunesse oscillent entre sujets légers où fantaisie et poésie ont le beau rôle et thèmes plus graves, comme la mort, la liberté, l’identité, traités de manière symbolique, par petites touches.
Dans son théâtre (pour adultes), Devant les murs aveugles et sourds (paru en 2009) et Espèce de liberté (2010), « Bernadette Pourquié nous interpelle sur le caractère étouffant de nos vies contemporaines, comme s’il s’agissait de trouver de l’air pur dans une nappe de gaz. »
Adepte de la créaTION non-cloisonnée, elle travaille ponctuellement avec des artistes d’autres horizons (peintres, comédiens, musiciens). Des lectures d’extraits de ses pièces de théâtre sont proposées « dans tous lieux culturels ou à cultiver », grâce à la tournée « Les murs ont des oreilles ».

Sa nouvelle pièce, en cours d’écriture, emprunte au cabaret son côté protéiforme. Elle mélange les genres, brouille les cartes, tout en se voulant témoin de son temps.

Yannick Robert

Yannick Robert – Copyright Arnaud Roi

Né auvergnat, en 1972, Yannick Robert passe cinq années à étudier aux beaux-arts d’Orléans, puis se lance en 1999 en tant que graphiste-illustrateur indépendant, déclaré à la Maison des Artistes. Dès lors il répond à des commandes de «Com.» institutionnelle et événementielle, tout en poursuivant une exploration dans le domaine de l’affiche et de la BD.

À son arrivée à Toulouse en 2000, il rencontre ainsi l’équipe des Requins Marteaux et publie dans quelques numéros de Ferraille. Puis en 2003 il découvre le monde de l’édition jeunesse et signe son premier contrat avec Actes Sud Junior.
Depuis, il travaille régulièrement pour la presse jeunesse et l’édition, publie en France et au Royaume Uni.
Mais le monde la BD rattrape Yannick Robert lorsqu’il publie, avec Davide Cali au scénario, des planches dans l’Écho des Savanes en 2009.

Fabien Sanchez

Fabien Sanchez

Né au Sud, ayant souvent perdu le Nord, Fabien Sanchez laisse l’Eden à l’Est.
Il habite un territoire hors sol : le passé.
Sa géographie est imaginaire et sans cesse réinventée, l’enfance.
Il ne sait pas qui de son enfance ou de sa vie d’homme est l’otage de l’autre.
Il bataille avec les mots, sa paix est à ce prix.
Ils jaillissent comme pour se faire la malle, quand il voudrait les retenir.
Ils voudraient tuer le père, quand il n’est que leur enfant….
Écrire une nouvelle consiste au pied de la lettre à donner de ses nouvelles – bonnes ou mauvaises – au monde qui ne vous écrit pas.
Il écrit des nouvelles pour, comme l’a énoncé  Raymond Carver, vite entrer dans une histoire, ne pas s’installer et en repartir le plus rapidement possible.
Mais cette feuille de route est en grande partie liée au manque de temps… Car enfin, le problème avec l’écriture, ce n’est pas tellement soi, la conjugaison et les temps, mais la conjugaison de soi avec le temps !
Il s’attaque en ce moment à deux romans.
Ici, il citera Philippe Djian : « …la grande question était : Qu’est-ce qui peut pousser un type au meilleur de sa forme, à rester cloué des journées entières sur une chaise, plus une bonne partie de la nuit ? Non, la connerie  n’expliquait pas tout, en fait la bonne réponse était : Ce qui pousse un type à écrire, c’est que ne pas écrire est encore plus effrayant ».
Pour conclure, en effet, s’il n’écrit pas, il se sent à l’ouest. Là-dessus, rien de nouveau.

Textes écrits en 2011.

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