Auteurs lauréats 2012

Publié le par
virginie

Les auteurs lauréats en 2012 sont : Violaine Bérot (roman), Seb Cazes (bande dessinée), Thierry Colombié (roman), Matthieu Duperrex (essai, livre numérique), Lionel Hignard (documentaire), Pascal Poyet (poésie), Bruno Ruiz (poésie), Thomas Scotto (littérature pour la jeunesse), Stéphane Sénégas (album illustré pour enfants), Benoît Séverac (roman) et Alexandre Tylski (essai).

Présentation des auteurs lauréats de l’année 2012

Violaine Bérot

Violaine Bérot

Née en 1967 dans les Hautes-Pyrénées, Violaine Bérot a le souvenir d’écrire depuis très jeune. Son activité professionnelle est pourtant bien éloignée de la création littéraire. A partir de 1991 elle travaille comme ingénieur en informatique et l’écriture romanesque devient son exutoire. Avec Jehanne (Denoël, 1995) elle revisite à la première personne la figure adolescente de Jeanne d’Arc. Léo et Lola (Denoël, 1997) est la confrontation d’un frère et d’une sœur adultes volontairement  incestueux. Puis, pour aborder le thème difficile de l’enfance maltraitée, Violaine choisit de faire paraître en collection noire Tout pour Titou (Zulma, 1999). En parallèle, et pour le plaisir du jeu d’écriture, elle s’essaie au roman policier dans la collection du Poulpe avec Notre Père qui êtes odieux (Baleine, 2000).
En 2001, Violaine abandonne son activité professionnelle en informatique qu’elle juge vide de sens et décide de se consacrer à l’agriculture et l’accueil d’enfants en difficulté. Elle n’écrit plus de romans. Son unique publication sera un témoignage, L’ours : les raisons de la colère (Cairn, 2006), sur un sujet vécu au quotidien en tant qu’éleveur pyrénéen.
Fin 2011, le besoin d’écriture romanesque, sans doute réfréné trop longtemps, se fait obsédant. Violaine choisit de se libérer de toutes contraintes jusqu’à pouvoir, pour la première fois, se consacrer entièrement et uniquement à son travail d’écrivain. Elle entame alors un projet de roman sur Pénélope et ses vingt ans d’attente.

Seb Cazes

Seb Cazes © Jean-Marc Pau

Un peu avant l’hiver, Seb Cazes mange beaucoup, engraisse, se constituant ainsi des réserves. Il cherche un endroit adapté et l’aménage.
Grotte pyrénéenne, cabane dans un arbre de la forêt des Landes, personne ne sait vraiment où vit Seb Cazes.
Quand il entre en hibernation, il devient inerte pour ne pas dépenser trop d’énergie mais son inconscient travaille beaucoup pour lui fournir un premier support à son travail d’illustration : des idées farfelues en veux-tu en voilà.
Après cette période, son activité incessante dans d’innombrables carnets de croquis très denses et de toutes tailles, pose le second support à son œuvre artistique variée. Il ne reste plus qu’à fournir un gros travail de graphisme et d’illustration (pour le milieu culturel essentiellement), y ajouter une dose de films d’animation (« Insult to injury », « La nuit tous les chats sont morts », « Trailer CIRCA »…) et de bande-dessinée (Le Dresseur de chevreuils ambidextres , éditions Arrache-toi un œil, The Lost Hotel, éditions Vide-Cocagne, Chut… et autres tumultes, éditions du Moule-à-gaufres…), ce qui n’augmente pas nos chances de croiser cet individu poilu au détour d’une rue (par contre ses images, haaa ses images on les voit oui !).
Quelqu’un a même prétendu l’avoir rencontré sur un sommet des Pyrénées. Mythe ou pure invention ?
Seb Cazes n’en est plus à une affabulation près, bien heureusement.
Depuis son diplôme des Beaux-Arts d’Angoulême obtenu à la fin des années 90, cet énergumène a tout simplement disparu dans la nature. Va savoir combien de carnets de voyages il va nous ramener encore…

Thierry Colombié

Thierry Colombié

Thierry Colombié

De mon premier métier, berger, je me souviens des collines séchées par le soleil, de l’ombre de chênes verts, de brebis égarées dans les prés. De mon premier voyage, à Rio, je me souviens des mains géantes du Corcovado. De mes longues études, à vrai dire, je ne me rappelle que des virées nocturnes, un trop plein de nuit. Et si un jour on m’avait dit que je deviendrais auteur, que je m’amuserais à m’inventer mille vies pour n’en fabriquer qu’une seule, alors, oui, je serais retourné à mes chères études, celles qui m’ont fait naître au fond d’une verte vallée et apprendre les ficelles d’un rude métier. Paysan. En comptant les moutons, j’ai appris la patience, tutoyé la part des anges, senti l’odeur de la poudre, entendu tout et son contraire pour ne pas en confondre l’inverse. En Rouergue, on dit que la pomme ne tombe jamais de l’arbre. Dorénavant, il faudra compter avec une balle dans la nuque. Un roman où la réalité dépasse la fiction. Et l’étoile du Berger.

Matthieu Duperrex

Matthieu Duperrex © Urbain trop urbain

Matthieu Duperrex conduit une activité rédactionnelle plurielle, qui l’amène à écrire tant dans des revues de sociologie que de psychologie ou de philosophie. Amateur des questions urbaines, des transports publics et d’architecture, il a publié, toujours en collaboration, une monographie consacrée à l’architecture de la ligne B du métro toulousain (L’architecture des stations : le métro de Toulouse ligne B, éditions du Moniteur, parution 2007), un ouvrage dédié à l’ouverture de la première ligne de tramway toulousaine (Toulouse, Territoires du tramway, éditions Privat, parution 2010) et un livre sur les lieux de mémoire en Haute-Garonne (Mémoires plurielles de la Haute-Garonne, éditions Privat, parution 5 janvier 2012).
Très fortement investi dans l’écriture numérique (direction du livre numérique Shanghai Nø City Guide, paru aux éditions « Urbain, trop urbain » le 17 février 2012), c’est à ce titre qu’il a candidaté à la bourse d’auteur du CRL Midi-Pyrénées, afin de mener à bien un projet de texte prenant la ville d’Istanbul pour objet, et où se mêleront des approches venues des sciences sociales, de la philosophie, de la littérature et de la critique géographique et architecturale.
Né en 1974 en région toulousaine, il vit et travaille actuellement à Toulouse en tant que journaliste, conseil et ingénieur d’études à l’agence Lexies.

Lionel Hignard

Lionel Hignard

Lionel Hignard est né en 1951 à Suresnes. Après une première année d’études de cinéma, il se tourne vers la culture et la distillation des plantes aromatiques et médicinales. Il rejoint l’éducation à l’environnement en 1983 où il se consacre à l’étude des plantes usuelles et participe à la création de jardins pédagogiques dans les écoles primaires des Quartiers nord de Marseille. Il collabore avec le milieu enseignant et conçoit des outils pédagogiques sur le thème de l’arbre urbain, le patrimoine et le paysage. Il s’installe à Toulouse et publie ses premiers ouvrages en 1995.
Poursuivant sa quête d’écriture nature, il anime des ateliers d’écriture dans la région toulousaine depuis 1999 et dans plusieurs écoles de la Brenne dans l’Indre depuis 2010. Il occupe aujourd’hui le poste d’animateur formateur au sein de jardins partagés à Tournefeuille près de Toulouse où il a travaillé à la conception du parcours Butinopolis.
Il a publié à ce jour plus de 15 ouvrages et obtenu plusieurs prix.
Il a des projets de publications avec Plume de carotte et d’autres éditeurs.
Il travaille également sur plusieurs projets autour de l’écrit et du spectacle dont « les inventeurs jardiniers » et « Les folles causeries du Professeur Cornélius » et prépare actuellement un film d’animation « Hep les abeilles disparaissent ».

Pascal Poyet

Pascal Poyet

Depuis 1995, je publie des textes — livres ou revues —, que je lis en public, dont je parle. J’ai notamment publié en 2000, 2002, 2005, 2011, 2012, des livres qui ont pour titres Causes cavalières, Expédients, Au Compère, Draguer l’évidence, Un Sens facétieux — ce dernier écrit à la suite d’une résidence à Tanger. Les éditeurs sont L’Attente, La Chambre, Le Bleu du ciel, Eric Pesty, CIPM/Spectres familiers.
J’écris parce que les mots n’ont pas qu’un seul sens. « Ceci éveille la grammaire ». Je préfère le rayon écrits divers. Il y a quinze ans, après un séjour au Brésil, Françoise Goria et moi avons créé une maison d’édition, contrat maint, qui publie poésie, textes d’artistes, essais, traductions et textes de traducteurs dans des livres dont la forme s’inspire des feuillets de la « littérature de corde ». Soixante-dix-sept titres publiés à ce jour.
Je traduis de la poésie américaine : je n’ai jamais su quelle heure il était, de David Antin, a paru en 2008 chez Héros-Limite. Accorder, du même auteur, paraîtra en juin 2012. J’ai aussi traduit ou co-traduit des textes de Rosmarie Waldrop, Peter Gizzi, Charles Olson, John Baldessari, Joan Retallack, Abigail Child, Ben Marcus, Miles Champion, Lisa Jarnot, Uljana Wolf…
J’ai écrit sur l’art en interviewant des artistes. Je vis à Toulouse depuis 2006. J’ai vécu une douzaine d’années à Marseille. J’ai étudié à l’école d’art de Grenoble. Je suis né en 1970.

Bruno Ruiz

Bruno Ruiz

Je suis né en 1953, à Arcachon, de parents modestes. Je n’avais aucune raison de chanter ni d’écrire. J’ai le sentiment même d’avoir appris à écrire avant de savoir lire, mais c’est sûrement inexact. En tout cas, c’est ce désir d’écrire qui a provoqué en moi ma curiosité pour la lecture.
Depuis, je creuse aux mêmes endroits : ceux de mes racines – landaises et andalouses – et de la fidélité aux êtres que j’aime. À quelques idéaux tenaces aussi.
Écrire a très vite été pour moi une activité liée au chant, à la représentation orale. Installé à Toulouse dès 1978, après deux Printemps de Bourges prometteurs au point de penser que je pourrais faire carrière dans la chanson, je me tourne vers une sorte de récital poétique hybride, mêlant chansons, poèmes brefs, nouvelles et fictions théâtrales (Suites en 1986, et Poète de Music-Hall en 1988), avant de composer des musiques pour le théâtre (Les grandes journées du père Duchesne pour le TNR, en 1989, et Ubu Roi en 1990 au Satiric Théâtre de Sofia). Ma rencontre avec le pianiste Alain Bréhéret donne lieu à cinq CD studio et à des centaines de concerts en pays francophones. En 2000, Jean-Louis Trintignant me demande de dire avec lui sur scène un long poème écrit sur mon père (Altavoz, édité chez Ether Vague en 1990).
Après plus d’une vingtaine de livres essentiellement de poésie, dont Je t’aime devant tout l’univers (1998), Cent femmes dans Sofia (2000) et un livre d’entretien le Miroir et la vitre (2008), j’ai toujours besoin d’écrire et d’en rendre compte sur scène.

Thomas Scotto

Thomas Scotto

Peut-être chocolatier pour faire pousser d’immenses forêts noires (et noisettes) où me perdre un peu, chanteur (en français) avec parfois des grognements ou des caresses de mots dans la voix, doubleur de dessins animés pour être 1000 (et une) personnes à la fois, peut-être potier, pour aider la terre à tourner…
Photographe parce que mes yeux sont curieux, banquier pour trouver de l’argent…toujours…, ou chauffeur d’une voiture chaude qui conduirait les gens n’importe où (si c’est demandé gentiment!) vraiment, je ne sais pas encore ce que je ferai plus tard…
mais publié depuis 1998 chez divers éditeurs (Thierry Magnier, Actes Sud Junior, La maison est en carton, L’édune, Milan…) Aujourd’hui, j’écris…
Ce sont les émotions que je cherche à partager avec les enfants, comme avec les adultes. Dire qu’il ne faut jamais taire ce qui nous étonne, nous touche, nous met en colère, nous fait peur ou nous passionne. Les mots choisis deviennent alors les fenêtres ouvertes sur nos paysages de questions, colorées ou plus en nuances.
C’est peut-être pour cela que les livres lus pendant l’enfance, résonnent longtemps dans nos vies d’adultes.
Et grâce à cette bourse d’écriture, le chemin de mots est moins caillouteux !

Stéphane Sénégas

Stéphane Sénégas

Dès son plus jeune âge, Stéphane Sénégas dévore les livres de la bibliothèque familiale. Tintin, Spirou et autre Lucky Luke lui donnent faim de dessins. De petits griffonnages au fond de sa classe de lycée à son entrée à l’école Émile Cohl de Lyon, il y eut quelques pas pour le mener à son diplôme en 1998.
Auteur illustrateur depuis plus de dix ans, il voit son univers naviguer entre Jeunesse et Bande  Dessinée : des pays d’Afrique aux jungles sauvages, des océans immenses aux phares qui les observent, il n’a de cesse que de dépeindre la vie et ce qui la rend magnifique, mais toujours à travers des yeux d’enfants.
Son métier, c’est aussi la rencontre d’enfants dans toutes les classes de France pour conter la naissance d’un livre, d’une histoire, d’un dessin, d’un personnage, de l’envers du décor.
Il vit aujourd’hui dans le Tarn et se consacre totalement au dessin et à l’écriture.

Benoît Séverac

Benoît Séverac © les_pictographistes.com

Benoît Séverac a grandi dans le Sud-Ouest profond, sur les ruines des années 60 dont il conserve une nostalgie inexplicable.
Il a compris très tard qu’il écrivait depuis toujours. Il s’est trompé en se croyant un temps photographe, il a abandonné le réflex pour le clavier et s’en porte mieux, mais il en a gardé quelque chose : un sens du raccourci peut-être. Ses romans noirs sont toujours très « visuels ».
Il est aussi professeur d’Anglais à l’Ecole Vétérinaire de Toulouse, pour gagner sa vie, mais pas seulement… Parce qu’il aime ça, les étudiants et les vétérinaires.
Il est l’auteur de deux polars historiques en littérature adulte aux éditions Tme : Les Chevelues et Rendez-vous au 10 avril.
En littérature jeunesse, il vient de publier Silence (ed.Syros).
Il fait partie des auteurs de romans policiers « complices » du festival « La Novela 2012″ de la Mairie de Toulouse. A ce titre, il commettra une nouvelle inspirée des travaux de Sergine Ponsard du laboratoire Évolution et Diversité Biologique de l’Université Paul Sabatier.
Il est également l’auteur de plusieurs nouvelles publiées dans des revues ou des recueils collectifs.

Alexandre Tylski

Alexandre Tylski

Appelez-moi docteur. Docteur en… études cinématographiques. A une époque où les plus vifs d’esprit vous somment chaque jour de ne pas étudier trop longtemps (et « surtout pas en sciences humaines, malheureux ! »), dans une civilisation où certains veulent faire de la Culture un vague loisir « pas prise de tête », dans une société « concrète » (« béton » en anglais) qui veut imposer à ses concitoyens tout l’art de se recycler et l’art d’accepter tout, devenu la forme la plus haute du courage, dans un pays où les métiers de la connaissance, encore associés au prestige, ne permettent plus toujours en réalité (la vraie) de payer pain et loyer : je choisis donc l’anachronisme ! en approfondissant non seulement mes travaux de recherche en audiovisuel, mais aussi mes cours et conférences sur le cinéma auprès de publics variés, désireux, curieux, d’échanger.
Inconscient des « priorités économiques », je produis livres et courts-métrages et m’engage bénévolement pour les revues Cadrage, Positif, Les Lettres Françaises, et mon émission « Le Cercle des Cinéphiles », où se rejoignent créateurs, érudits et autres maquisards. Aujourd’hui lauréat de la bourse d’écriture Midi-Pyrénées, j’ai l’honneur de partir sur les traces de Saul Bass, un inconnu illustre qui passa sa vie à valoriser les œuvres et le nom des autres. Un artiste « marginal » (« majeur » en français) qui nous a fait voir le monde autrement. Car c’est bien la marge qui fait tenir le livre.

Textes écrits en 2012.

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