Auteurs lauréats 2013

Publié le par
virginie

Les auteurs lauréats 2013 sont : Magali Bardos (littérature jeunesse), Ronald Curchod (livre d’illustrations), Isabelle Desesquelles (roman), Didier Goupil (roman), Sophie Lamoureux (récit historique), Halim Mahmoudi (BD), Dominique Nédellec (traduction), Nicolas Rouillé (roman) et Céline Wagner (BD).

Magali Bardos

Magali Bardos © DR

Magali Bardos © DR

Magali Bardos est née en 1970 à Paris.
Une enfance parisienne : construire des cabanes dans toutes les pièces de l’appartement, mimer les usagers du métro, observer les gens de Montmartre à Barbès, s’imprégner d’histoires et d’images au ciné-club de quartier, animer une émission de radio…
Puis, une furieuse envie de comprendre le monde et des études d’Histoire Contemporaine à la Sorbonne jusqu’en maîtrise, avec un mémoire consacré aux fêtes commémoratives, à travers l’analyse du défilé du 14 juillet 1989, mis en scène par Jean-Paul Goude pour le bicentenaire de la Révolution française.
Son intérêt pour l’analyse des images et le spectacle vivant conduit Magali Bardos à Bruxelles où elle intègre la section scénographie de l’Institut Saint-Luc. Elle intègre aussi la section illustration. Cette fois, c’est avec ses dessins qu’elle veut raconter ! Elle y retrouve les émotions de ses lectures d’enfant.
Depuis 2000, Magali Bardos se consacre à l’illustration jeunesse et, tout récemment, à l’écriture de ses propres albums. Ses principaux éditeurs sont Actes sud junior, Le Rouergue, Pastel…
Ses histoires naissent dans ses carnets. Elle aime dessiner au pinceau, et cela dès les premières esquisses, avec l’épaisseur et l’irrégularité du trait de gouache. Elle aime traduire les émotions à travers les attitudes et les expressions des personnages.
Aujourd’hui, Magali Bardos a posé son petit matériel de travail dans un village du Tarn où elle vit avec ses deux enfants et leur papa.
Garry, ry, ry son nouvel album, qui reçoit le soutien du CRL, s’adresse aux enfants et joue avec les sonorités des mots pour parler des choses qui, parfois, nous semblent bizarres, étonnantes…

> Son site : http://www.magalibardos.com/

Ronald Curchod

Ronald Curchod © François Serveau

Ronald Curchod © François Serveau

1954, naissance à Lausanne-Suisse. Diplômé de graphisme dans son pays, il rejoint la France puis plus précisément Toulouse et travaille en tant qu’illustrateur indépendant pour la publicité et l’industrie. Dès 1985, il choisit de collaborer avec les milieux culturels et développe un travail plus affirmé d’affiches et d’illustrations d’auteur. Il réalise des costumes et des scénographies de théâtre.
Parallèlement il mène un travail personnel, invente et peint librement des images. Commandées ou librement désirées à base d’huile de gouache ou de matière argentique, elles s’influencent et se cooptent sans hiérarchie d’importance. Les genres même se mélangent parfois.
Ses affiches sont sélectionnées dans les grandes manifestations internationales et récoltent des prix. Il travaille avec des lieux culturels et des institutions régionales, nationales et internationales. Pour eux, il réalise des supports de communication, des identités graphiques.
Ses illustrations sont demandées pas des journaux et des magazines (Le Monde, Télérama…) et des maisons d’éditions (Le Seuil, Actes Sud, L’An 2…)
Il édite des sérigraphies, des livres et expose en galeries. Des livres sont édités sur son travail…
Il est membre de l’AGI, alliance graphique internationale depuis 2005.

> Son site : http://www.ronald-curchod.net/

Isabelle Desesquelles

Isabelle Desesquelles © DR

Isabelle Desesquelles © DR

Je ne suis que littérature.
Toujours ils sont là, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, les soeurs Bronté, Dostoievski, Scott Fitzgerald, Dino Buzzati et Clarice Lispector. Tous ces romans aimés, lus, relus, ou dont on fait provision pour plus tard, comme une promesse.
Lectrice et libraire, j’écrivais déjà, je ne le savais pas. Des années à me raconter des histoires, pour moi, dans ma tête sans rien en dire, rien en écrire mais quelle emprise! Vient le temps où les livres des autres me réclament d’écrire. Les éclaireurs qu’ils sont m’ont laissée seule dans une clairière plantée de mots. Au point de m’empêcher de dormir, au point de faire de la nuit le meilleur du jour puisque j’écris. Je suis l’aube, je suis mes livres. Rien ne pourra désormais m’en éloigner.
Je ne suis qu’écriture.
Toutes ces pages conquises, empoignées et jetées, imprimées. Des romans empreints d’une fiction toute personnelle (Je me souviens de tout puis La vie magicienne aux éditions Julliard ; La mer l’emportera puis Quelques heures de fièvre aux éditions Flammarion et Un homme perdu aux éditions Naïve), ce bonheur des commencements, un album de contes pour enfants (Le chameau le plus rapide du désert, éditions Le Chêne Jeunesse), un récit littéraire (Fahrenheit 2010, éditions Stock) qui dit tant de cette foudre qui nous lie les livres et moi.
Surtout, il y a les prochains textes, que j’abrite et plus encore, ils m’abritent.
Tous mes livres contiennent cette blessure de l’innocence, qui s’enfuit et demeure. Je tente d’écrire un silence. Il blesse, émerveille, il est cette respiration où tout comme le poète Paul Valéry, «je tiens mon rêve éveillé.»

Didier Goupil

Didier Goupil © DR

Didier Goupil © DR

Mes premiers souvenirs d’écriture sont en réalité des souvenirs de lecture. Livres pour enfants, albums jeunesse, bandes dessinées, revues traînant dans la salle d’attente du médecin, grands classiques, romans d’apprentissage… J’ai lu. Tous les jours, toutes les nuits. Lu et relu jusqu’à l’épuisement – et un jour, à mon étonnement, je me suis aperçu (ou plus exactement on m’a amené à le constater) que j’écrivais. Qu’il y avait entre moi et le monde, moi et les autres, moi et les événements, une distance, ou plutôt une épaisseur, une étoffe – celle des mots. Ainsi, aux amours de passage et aux amis plus ou moins fidèles, ce ne sont pas des mots d’amour ou des lettres d’amitié que j’écrivais, mais des poèmes, des bouts de conte, des débuts de nouvelles ou des rêves de romans. Avant de les écrire – les « fameux vrais romans », je suis devenu, autant par vocation que par accident, professeur de français. Métier que j’ai exercé avec bonheur pendant vingts ans. Vingt pendant lesquels j’ai publié des nouvelles (Maleterre, Absent pour le moment et Cellule k) et des romans plus ou moins elliptiques (Femme du monde, La Lettre à Anna, Le Jour de mon retour sur terre et Castro est mort ! édités pour la plupart au Serpent à Plumes). Depuis les années 2000, il m’arrive régulièrement d’échanger mes stylos contre un billet d’avion (Cuba, Autriche et Allemagne où deux livres sont traduits), une paire de ciseaux (adaptations régulières pour le Festival de la Correspondance de Grignan) ou encore la vidéo et l’ordinateur (« Cellule K », printemps 2010, spectacle d’écriture numérique présenté à la Cave poésie et à la médiathèque Cabanis). Enfin, aimant (pour le dire simplement) partager les mots et rencontrer les gens, je collabore depuis 2007 avec la Boutique d’Écriture du Grand Toulouse et j’anime des résidences d’écriture en milieu scolaire (LEP Bayard) ou urbain (réhabilitation du quartier des Barradels à Blagnac).

Sophie Lamoureux

Sophie Lamoureux © DR

Sophie Lamoureux © DR

Pourquoi ? Et pourquoi ? À mes incessantes questions d’enfant, les livres ont offert des clés. Le puzzle se constituait, mais il manquait toujours des pièces. Je décidais donc de devenir journaliste et d’aller poser mes questions à des spécialistes. Politiciens, policiers, artistes… Leurs réponses contrastées m’enseignèrent la dialectique. Puis, à mon tour, je me mis à répondre à des Comment d’enfants que j’avais pu, non pas résoudre, mais approcher de près. Tel éditeur jeunesse me demanda d’expliquer comment fonctionnaient les médias (Les Clés de L’info, Gallimard, 2005 / La Presse à petits, Actes sud junior, 2006), comment comprendre la politique (La Politique à petits pas, Actes sud junior, 2009 / Comment parler de politique aux enfants, Le Baron perché, 2010), d’exposer les grands débats de société (Pour ou contre, l’actualité en débat, Gallimard, 2011 / La Crise, Gallimard, 2009 / L’Écologie, Nathan, 2010 / L’Immigration à petits pas, Actes Sud junior, 2011), ou encore de raconter l’histoire de peuples du passé (Les Gaulois, Milan, 2010 / Les Indiens à petits pas Actes Sud junior, septembre 2012 / Les Égyptiens, Milan, 2013…)…
Mais le grand Pourquoi se dérobait toujours. C’est alors qu’au milieu des obus sifflants de la Première Guerre mondiale se dressa Vincent Moulia, un poilu héroïque dont l’Histoire n’a pas gardé le nom. Et pourtant, anonyme parmi des millions d’autres, il résista à la machine à broyer. Voilà donc mon projet : le faire revivre et partir avec lui en quête du Pourquoi. Non pour boucler la boucle, mais pour avancer sur ce beau chemin qu’est la Vie.

Halim Mahmoudi

Autoportrait d'Halim Mahmoudi

Autoportrait d’Halim Mahmoudi

Diplômé de Design graphique (DNSAP), Halim Mahmoudi a été illustrateur de presse au Canada, puis en France et en Belgique (Backchich Info, Libération, le mensuel Psikopat, Le Couac, Toulouse Mag etc..). En parallèle de ses collaborations régulières avec la presse, il est maître de conférences en arts graphiques, et réalise divers ateliers et cours, ainsi que des interventions de dessins en direct pour des institutions et des événements culturels. Il répond également à des commandes de publicités (storyboards, illustrations…) auprès d’entreprises (ENAC, Physiogenex, WWF, etc.).
Sa première bande dessinée, Arabico (Ed. Soleil), reçoit en 2011 le prix Bulle en Fureur et est nominée au prix France Info parmi les 10 meilleures bandes dessinées d’actualité et de reportage de l’année 2010. Il prépare actuellement un roman graphique pour lequel il reçoit une bourse d’écriture du CRL : « Un Monde Libre » (ed. Des Ronds dans l’O), un récit polyphonique sur l’immigration dans l’histoire intime et collective, mêlant sur une centaine de pages, la BD, le conte, la poésie et la peinture. En prolongement, il participe au film documentaire (Arte) et à l’exposition « L’immigration dans la bande dessinée 1913-2013 » qui aura lieu à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (d’octobre 2013 à avril 2014). Enfin, ses autres projets se concentrent sur l’autoproduction (Poulet Grillé à paraitre en juin 2013).

> Son blog : http://cartoonz.canalblog.com/

Dominique Nédellec

Dominique Nédellec © Brian Graham

Dominique Nédellec © Brian Graham

Depuis une dizaine d’années, je suis traducteur. Autant dire un trafiquant de mots, un porteur de valises entre la langue portugaise (celle qu’on parle à Lisbonne, Rio ou Luanda) et la langue française. Mon travail : dépêcher des émissaires qui vont et viennent de l’une à l’autre, transiger, parlementer avec la phrase, les mots, négocier sur la ligne de démarcation… Le traducteur, c’est aussi une sorte de funambule, de voltigeur, qui se promène joyeusement sur le fil tendu entre le texte original et sa recréation. Comme tout danseur de corde, je tiens à varier les plaisirs et les numéros. À ce jour, j’ai traduit une trentaine de titres. De la littérature portugaise : Dulce Maria Cardoso, Wenceslau de Moraes, José de Almada Negreiros, Eça de Queirós, Gonçalo M. Tavares, João Tordo… Des romans brésiliens : Rubens Figueiredo, Rodrigo Lacerda, Michel Laub, Adriana Lisboa… Des ouvrages pour la jeunesse : Ondjaki, Alice Vieira… De la bande dessinée : Le Plus Mauvais Groupe du monde, la série culte du Portugais José Carlos Fernandes ; Cachalot, du duo brésilien Daniel Galera/Rafael Coutinho…
Après avoir traduit Mon nom est légion et La Nébuleuse de l’insomnie (Christian Bourgois éditeur, 2011 et 2012), je vais travailler consécutivement sur deux nouveaux romans d’António Lobo Antunes. Avec le soutien précieux du CRL Midi-Pyrénées, une immersion de huit mois dans une œuvre âpre et bouleversante, avec pour objectif de faire honneur à la langue splendide et violente d’une figure majeure de la littérature mondiale.

Nicolas Rouillé

Nicolas Rouillé © DR

Nicolas Rouillé © DR

J’ai passé mes vingt premières années à Caen. Après des études d’ingénieur en hydraulique à Toulouse et une courte année en bureau d’études, j’ai tout plaqué pour partir en voyage. De la France au Vietnam, j’ai tracé ma route en passant par le Kirghizstan, le Pakistan et l’Inde, avant de me poser deux ans en Indonésie. A mon retour, je me suis installé à Toulouse et j’ai bifurqué vers l’écriture. J’ai publié une nouvelle dans un recueil de Monsieur Toussaint Louverture, puis me suis intéressé aux modes de vie alternatifs, ce qui m’a emmené à travers un réseau de lieux collectifs autogérés, à Toulouse et dans d’autres villes. Le Samovar, roman noir inspiré de mes investigations dans les squats, est mon premier livre. Avec deux amies (une comédienne et une artiste slameuse), j’ai organisé une série de rencontres lecture/slam autour du Samovar, en librairie, dans des bars et dans des squats. Au fil des discussions, j’ai compris dans quelle direction je voulais poursuivre : littérature populaire et ethnofiction. En mars dernier j’ai publié une nouvelle dans un fanzine punk (Plus que des mots) et en prépare une autre sur le groupe rock Nirvana pour un recueil collectif, à paraître chez Buchet/Chastel à l’automne 2013. En parallèle, je suis des cours d’écriture de scénarios. Mon nouveau projet de roman sera pour moi l’occasion de retourner en Indonésie, dans une province qui m’attire depuis longtemps : la Papouasie occidentale.

Céline Wagner

Céline Wagner © DR

Céline Wagner © DR

Auteur de bande dessinée et auteur dramatique, Céline Wagner est née en 1975 à Villiers-le-Bel dans de Val d’Oise. Après un voyage au Bénin, elle quitte la région parisienne. En 1999 elle vient à Toulouse, apprendre le design. Sortie diplômée de Polycréa, elle se dirige dans les arts plastiques plutôt que dans l’industrie, ayant en tête de parler de notre époque, « des enfants des H.L.M » et de travailler en lien avec l’écriture. En 2001 elle fait la rencontre d’Edmond Baudoin avec lequel elle réalise une bande dessinée à quatre mains, Les Yeux dans le Mur (Dupuis). Puis viennent des réalisations plus personnelles, La Patience du Grand Singe (Tartamudo), Zeste (Des ronds dans l’O), et dernièrement Tangente (Des ronds dans l’O) et Grand-Roue (RGBD), sorte de Haïku dessiné sur la mort du peintre et de son jardin… Céline Wagner est également auteur d’une pièce de théâtre Un Palais pour les Canaris jouée cette année par la compagnie Histoire d’Eux dans plusieurs festivals de théâtre amateurs en Midi-Pyrénées, notamment le festival d’hiver en février dernier 2013… Elle travaille actuellement à l’adaptation en bande dessinée d’Un héros de notre temps, de Mickaïl Lermontov, à paraître en février 2014 aux éditions Cléopas.

> Son site : http://www.celinewagner.com/

> Son blog : http://celinewagner.canalblog.com/

Textes écrits en 2013.

 

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