Auteurs lauréats 2015

Publié le par
virginie

Les auteurs lauréats 2015 sont : Violaine Bérot (roman), Philippe Berthaut (récits poétiques), Benoît Bonnefritte (album illustré), Pierre Deschavannes (roman), Hélène Duffau (roman), Abdelmadjid Kaouah (essai poétique), Philippe Motta (essai illustré), Delphine Panique (bande dessinée), Cyrille Pomès (bande dessinée), Bernadette Pourquié (traduction) et Anna de Sandre (roman pour adolescents).

Violaine Bérot

Violaine Bérot © Stéphane Lessieux

Violaine Bérot © Stéphane Lessieux

Violaine Bérot est écrivain. Un écrivain étonnant, singulier. Au lyrisme emporté. Après quatre romans, elle a choisi d’aller élever des chèvres en altitude. Elle s’est tue presque quinze années. «Là-haut, on n’a pas le temps d’écrire.» Elle est descendue pour retrouver ce temps de l’écriture. Et elle n’a guère traîné.

À 46 ans, elle vient de publier un nouveau texte, Pas moins que lui, aux éditions Lunatique. Fiévreuse apostrophe, à la deuxième personne, accompagnant l’attente de Pénélope à Ithaque, le retour d’Ulysse et leurs hasardeuses retrouvailles. Une histoire d’espérance tenace, de désir contenu, à nouveau révélé. Une histoire de femme, charnelle, vivante. De passion, de raison. De maturité. N’empêche, il fallait oser se colleter au mythe. Mais Violaine Bérot a l’habitude des prises de risque. Son premier roman, Jehanne, paru en 1995 chez Denoël, s’attaquait à Jeanne d’Arc. Bousculant la légende et les belles images, elle y donnait voix, dans une vérité troublante, à une toute jeune fille dévorée de mal d’être et d’amour impossible. Avec Léo et Lola (Denoël, 1997), elle abordait l’inceste entre une sœur et un frère. Avec Tout pour Titou (Zulma, 1999. Lunatique, 2013), la folie maternelle et la maltraitance. Autant de sujets périlleux abordés à rebrousse évidences, avec des mots sensibles et une force narrative hors du commun.

«J’écrivais depuis l’âge de 13 ans, explique Violaine Bérot. Des bribes d’histoires que je ne finissais pas. C’était souvent très noir. Je ne sais pas d’où sortait tout cela, mais j’en avais besoin comme j’avais besoin de marcher, des heures, dans la montagne.»

Xavier HOUSSIN
(extrait de Violaine Bérot, un écrivain caché dans la montagne
Next/Libération – juin 2013)

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son site : www.violaineberot.wordpress.com

Philippe Berthaut

Philippe Berthaut © DR

Philippe Berthaut © DR

Philippe Berthaut poursuit son cheminement et se dévoile peu à peu dans « la métaphore parfaite de cette écriture éclatée » et de « son surgissement réel au monde ».

Il déchire le voile de la voix et délivre le chant profond, si douloureux à faire éclore. Aussi il entreprend un périple qui nous aide à retrouver les cailloux blancs de ses poèmes, chansons, de ses ateliers d’écriture, et à entrevoir le paysage déchiré de son existence.

« Les chutes du pays jongle » sont cette errance lucide dans ce dédale des mots de jadis revenus, tels des bouteilles à la mer, faire face à l’aujourd’hui. La relecture de ses textes et de ses paroles semées jadis, parfois entendues, souvent méconnues, est un chemin de délivrance.
Alors commence une quête tendant alors vers l’absolu, le vrai.
Ce dépouillement va engendrer une façon d’écrire qui lui permet de s’élancer, apaisé, vers cet instant étoilé du langage, loin du regard et du jugement des autres. Sans autre but qu’un jaillissement, au-dessus des barricades mystérieuses de la respiration du vivre.

L’inscription de Berthaut dans le monde doit désormais être juste.
L’éveilleur de mots n’est plus, place à l’homme redevenu « une voix auréolée de langue », nous parlant en face par les sentiers qu’il ouvre à présent.

Délivré en fait de l’écriture, Berthaut se désapprend et nous apprend, dans toute son humanité déployée.
Les « boraldes », ruisseaux dévalant de l’Aubrac, débordent de ce livre.
Et l’écriture est claire comme neige qui fond enfin.

Gil Pressnitzer, Esprits nomades

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son site : www.lachaufferiedelangue.net/

Benoît Bonnefrite

Autoportrait © Benoît Bonnefrite

Autoportrait © Benoît Bonnefrite

Pour faire le tour de Benoît Bonnemaison-Fitte, il faudrait être aussi volubile que l’intéressé, et en place d’une brève note, proposer une avalanche de mots et d’images. On pourrait la déclencher des sommets que l’on voit en loin depuis Aurignac, tendre les oreilles, ouvrir grand les yeux, et apprécier le spectacle furibond qui dévalerait jusque dans la grange-atelier de notre homme. Car mettre des mots sur le métier d’un tel loustic, c’est forcément le restreindre. Pour le désigner, on pourra choisir « dessinateur », ou « illustrateur », « graphiste », « forain », « affichiste », « peintre », ou bien encore « brocanteur », et l’on aura à chaque fois raison. Mais pour être juste, il faudra ne pas oublier tous les autres, car Bonnefrite – l’un de ses sobriquets les plus connus – est plusieurs à la fois. Personnellement, j’ai un faible pour « garagiste », qui rend hommage à la noblesse du travail qui est le sien. Les mains dans le cambouis, les taches sur le bleu de chine, la sueur au front, il connaît : lorsqu’il lui faut suivre le rythme de la scène durant un spectacle de dessin en direct, ou tandis qu’il se retrouve en équilibre instable sur un escabeau pour écrire à même les murs. Mais quand il glisse à la surface du papier, son geste est aussi fluide et joyeux que la trace de son crayon est grasse et sombre, que ses couches cacophoniques de couleur sont éclatantes. Car comme pour un mécano, labeur et savoir-faire ne vont pas l’un sans l’autre. Et en la matière, nous avons ici un sacré client.

Vincent Tuset-Anrès, Fotokino

->Sa fiche sur le site du CRL
-> Son site : http://bonnefrites.free.fr/

Pierre Deschavannes

P. Deschavannes © DR

P. Deschavannes © DR

Lui qui dit avec distance avoir été un « gentil cancre » pendant toute sa scolarité, « même pas bon en français », s’est surpris lui-même d’avoir écrit en sept jours le récit qui deviendra Belle gueule de bois, publié au Rouergue en août 2014. Car ce qu’il rêvait depuis l’enfance, c’est de devenir illustrateur ou bien musicien. Né à Lyon en 1986, il n’a rejoint Toulouse qu’en 2011 pour suivre son amoureuse, et comme travail alimentaire (dans les deux sens du terme !), il assure ses 27 heures de caisse dans un Casino-shop à Saint-Aubin… situé cependant à côté de la librairie Floury, tient-il à préciser ! Belle gueule de bois fut ainsi, dans sa mouture originale, un livre graphique, écrit deux ans après la disparition de son père, et fortement marqué par son rapport à lui. La fulgurance d’écriture qui l’a mené dans ce premier essai, cette « petite folie instinctive », il espère en conserver l’authenticité dans le deuxième chantier en cours, une fable contemporaine totalement fictionnelle qu’il a titrée pour l’instant Marche-Tempête. « J’essaie de croire que je suis écrivain », avoue-t-il, lui qui s’étonne d’avoir des lecteurs enthousiastes, notamment ces adolescents rencontrés récemment pour le prix des lycéens et apprentis du Rhin. « Ils m’ont écouté car je suis un mec comme eux », raconte-t-il. Un mec comme eux. Oui. Mais un mec qui ne pense maintenant qu’à ça : écrire.

Sylvie Gracia, éditrice, éditions du Rouergue

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son blog : https://espacepierrot.wordpress.com/

Hélène Duffau

Hélène Duffau © Daniel Nguyen

Hélène Duffau © Daniel Nguyen

Écrire sans décompter.
A fleur de peaux

Que dire d’Hélène Duffau ? Pas facile de résumer une femme auteure (elle tient au e) multi-casquettes. Née dans les Landes, elle part très vite à l’aventure. Aventure au pluriel. Journaliste, chanteuse, boulot dans l’édition, auteur de romans, nouvelles, pièces de théâtre, bloggeuse, enseignante d’écriture de création à l’université… A vrai dire, la biobibliographie d’un écrivain ne me semble pas le plus important pour évoquer un écrivain. Comme la photo en 4ème de couverture. Passons à l’essentiel d’un auteur.

Son écriture. Hélène Duffau aime se déboussoler. S’étonner. Un pas de côté pour ne pas ronronner dans la même écriture. S’autoriser le doute et l’erreur. Mais, quelle que soit la forme de ses récits, la quête de l’indicible n’est jamais loin. Lever le voile sur l’invisible. La recherche de sa part trouble, celle de l’autre. Un voyage dans le doute et le silence. Cartographie de l’intime.

Pas l’intime des auteurs dont le soleil se lève uniquement sur leur nombril. Elle préfère œuvrer dans le vif des questions. Creuser jusqu’à l’os. Interroger le sac de nœuds à ciel ouvert de chaque individu. Sans oublier les rires et les joies. Ses émotions et expériences, sa peau, pour questionner le monde. Partager un angle de vie.

Son prochain roman s’annonce déjà à fleur de peau. La chair blessée de deux putes. Les trajectoires croisées de Lana et Natacha, en proie à la violence sexuelle. Pas des putes de rues, plutôt de salons aux murs insonorisés par le fric et le pouvoir. Même si, comme dans la rue, des prédateurs rôdent toujours. Deux blessures qui se livrent. Tisser les mots pour nommer la douleur. Et semer leur nuit.

Retrouver le jour.  A toi Hélène !

Mouloud Akkouche, écrivain

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son site Hélène Duffau. Rédaction, Conseil, Formation
-> Son blog Hélène Duffau, écrivaine

Abdelmadjid Kaouah

Abdelmadjid Kaouah © Thierry Abellan

Abdelmadjid Kaouah © Thierry Abellan

Abdelmadjïd Kaouah journaliste, critique et poète, s’est exilé à Toulouse dans l’été 1994.

D’entrée, Michel Cosem le publie à « Encres Vives ». C’est La Maison livide puis Le Nœud de Garonne (Autres Temps ed), Le Cri de la mouette quand elle perd ses plumes, L’Ode à Katarina Angélabei suivie de Skärgärden (Encres Vives). Il vient de publier son anthologie personnelle : Que pèse une vitre qu’on brise (éditions algériennes Arak), qui rassemble une quarantaine de textes, pour la plupart inédits, écrits entre 1972 et 2014.

Homme fraternel qui transporte avec lui, cette émotion souriante, « poète jusque dans la chair de son cœur » comme l’avait déjà noté la critique dès ses débuts, il rend hommage à d’autres poètes, algériens comme Tahar Djaout, Youcef Sebti et Jean Sénac (tous trois assassinés) ou étrangers comme Mahmoud Darwish et le poète bosniaque Izet Sarajlic.

Son travail sur la langue le consacre comme une figure majeure de la poésie algérienne de langue française. Langue d’une extrême concision, parole poétique sans référence à toute autre poésie. Il réussit à mettre en symbiose son être et son environnement. Sa poésie est harmonie. Avec l’humilité des grands, il « capte seulement un éclair furtif » mais il le ramène toujours vers l’homme. L’ humanité qu’il dégage vient de son regard lucide et tendre sur le monde.

Ce méditerranéen qui vit partagé entre les deux rives, a notamment dirigé Quand la nuit se brise, une des meilleures anthologies de la poésie algérienne francophone parue à ce jour (Seuil éd. collection Points).

Christian Saint-Paul, poète

-> Sa fiche sur le site du CRL

Philippe Motta

Philippe Motta © Remy Gabalda

Philippe Motta © Remy Gabalda

Philippe Motta est venu au journalisme par l’écriture. Après avoir passé plus de vingt ans à écrire pour les autres, l’ancien correspondant du Figaro et de Sud-Ouest à Toulouse qui a aussi rédigé les mémoires d’illustres et d’inconnus, a repris sa plume d’auteur en empruntant les champs de traverse. Cette écriture buissonnière l’a conduit droit dans Les Yeux (éd. Alter & Ego) et dans la peau d’un enfant dysphasique pour lequel, dans un ouvrage paru en 2013, il a inventé un langage, entre jeux de syntaxe et français de guingois. Son travail sur l’écriture avait démarré dès 2008 avec son premier roman, Servir l’oubli (éd. Atelier In8), un texte noir à la construction très personnelle qui démarre par un banal fait divers avant de remonter le cours de la privatisation de l’eau à Toulouse.

Rattrapé par la révolution numérique qui remet en cause les fondements de l’écriture et de son apprentissage, Philippe Motta explore depuis quatre ans un nouveau mode d’expression, une nouvelle façon de travailler son matériau : la sculpture. Ses machines à écrire, broyées et compressées, comptent parmi les premières victimes de la dématérialisation de l’écriture. Reléguées dans l’oubli dès l’arrivée de l’outil informatique, elles sont devenues des vestiges, des antiques tout en posant la question de notre futur. Pris entre la plume et le marteau, Philippe Motta partage aujourd’hui sa réflexion entre ses Underwood torturées et les pages d’un essai qu’il est en train d’écrire sur les conséquences et les dangers de cette perte de l’écrit. Un livre pour pousser haut et fort les cris étouffés de ses machines.

Johanna Decorse, journaliste

Delphine Panique

Vénus et Mars (détail). Nicolas Maureau 130x97 cm, huile sur toile, 2014.

Vénus et Mars (détail). Nicolas Maureau 130×97 cm, huile sur toile, 2014.

Après un an de déception à l’école des Beaux-Arts, Delphine Panique choisit les études de Lettres, puis un DEA d’audiovisuel.
Dans le roman graphique se rejoindront son amour du dessin, des lettres et de la narration.

Le premier livre sera une adaptation d’Orlando de Virginia Woolf. Inspiration serait plus juste tant on y est loin de la simple illustration. L’auteure, gardant ses distances avec l’ouvrage, préfère opérer le syncrétisme de ses souvenirs du roman, de sa vision du poète, de son histoire personnelle, pour nous offrir une parodie de roman d’apprentissage. De cette trahison de l’œuvre d’origine émerge un émouvant hommage, subtil et contemporain.

Quand s’ouvrent les hostilités avec En temps de guerre, les armes se taisent pour laisser parler l’arrière : les hommes se sont absentés, une société de femmes s’organise, elles s’émancipent, font face, font front.
Le dessin, épuré, sans démonstrations inutiles de virtuosité, porte un texte au ton léger, au langage parlé, parfois argotique, d’où jaillit humour et poésie. Si l’ironie n’est jamais loin c’est pour mieux se rire des lieux communs, et nous amener à remettre en cause nos représentations.

Son prochain ouvrage comme les précédents nous conviera probablement à la promenade, et c’est lorsque nous y serons installés, pensant le parcours sans risque et balisé, que l’auteur déviera un panneau indicateur. Charge au lecteur, heureusement perdu, de retrouver le chemin de cette écriture singulière.

Nicolas Maureau, artiste peintre

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son site : http://delphineollier.free.fr/

Cyrille Pomès

Cyrille Pomès © Fabrice Lepissier

Cyrille Pomès © Fabrice Lepissier

Cyrille et les lumières

Il y  a des types brillants du dehors. Pomès en fait partie.
Le beau gosse drôle, léger, charmeur, spirituel, le parfait dandy, éternel ado, titi adorable. Il est tout ça – mais pas seulement.

Il y a des types brillants dehors et incandescents dedans. Cyrille en fait partie.

Quand il prend un crayon, un feutre, une plume, un pinceau, il y a un truc qui s’allume dans ses yeux. Un truc qui parle d’une fournaise intérieure, comme le ventre d’une locomotive, comme un réacteur qui réagit. Et il passe des heures penché sur une feuille ou un écran d’ordinateur, à dessiner des formes des ombres des hommes. À répéter cent fois le même geste. À chercher, passionnément – la courbe, le geste, l’élégance. L’équilibre. L’harmonie. Le vrai.

Ça le mène sacrément loin. Le long des chemins de fer et des routes. Au bout du monde, ou quasiment – en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient pour raconter les Printemps des Arabes. Dans l’intérieur des tueurs en série ou dans le cœur chaud des gens comme tout le monde.

Parce que, oui, dans les types brillants en dedans comme en dehors, il y en a parfois qui oublient d’avoir un cœur. Pas Cyrille, pas Pomès. Pas Cyrille Pomès. Oh que non. Le petit gars au fond de lui – celui qui rêvait de paysages tranquilles, celui qui détestait l’injustice, la violence et le mensonge – prend par la main le dandy et l’artiste insatiable. Il les emmène faire un tour.

Tu veux savoir où ? Lis ce que Cyrille Pomès écrit, dessine, raconte. Tu comprendras.

Oh – et surtout, tu aimeras.

Manu Causse, écrivain

-> Sa fiche sur le site du CRL

Bernadette Pourquié

Bernadette Pourquié © DR

Bernadette Pourquié © DR

Bernadette est, depuis son plus jeune âge, une amoureuse des mots. Elle aime les lire, les écrire, les dire…
Elle aime les découvrir, les traduire, les inventer, les assembler, les confronter, les détourner… avec gourmandise, tendresse, impertinence.
Elle y trouve son bonheur, et son « Espèce de liberté ».(1)

Mais, par-dessus tout, elle aime les partager, et pour sa générosité militante tous les moyens sont bons.
Il n’y a pas de cercle de lecteurs, bibliothèque de village, déambulation théâtrale, atelier d’écriture, salon du livre, improvisation vocale, qui ne soit avec elle proposition de dialogue, de transmission, d’invention.

Ses ouvrages pour la jeunesse sont, pour les petits, une invitation à rencontrer le plaisir de jouer eux-mêmes avec les mots ; et son écriture théâtrale, au croisement de la poésie, du burlesque et de la mise en scène de l’actualité, est une tentative permanente pour libérer l’expression de toutes ses conventions.

Après un bref passage dans l’Éducation nationale, elle a tracé avec patience, audace et ténacité, son chemin dans le monde protéiforme du livre, dans l’écriture, l’édition, la médiation et la traduction.

C’est sa passion et pour elle une façon de « VIVRE JUSQU’AU BOUT »‘(2).

Hélène Breton

1. Espèce de liberté. B.Pourquié, 2010, Ed. Ragage.
2. K (Cabaret). B.Pourquié, 2013, Ed. Color Gang.

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son site : http://bernadette.pourquie.fr/

Anna de Sandre

Anna de Sandre © Frédérique Martin

Anna de Sandre © Frédérique Martin

Anna de Sandre n’aime pas beaucoup parler d’elle-même ; elle n’aime pas non plus qu’on la confonde avec les personnages de ses récits.

Elle dit souvent que la littérature est faite pour « voyager »… et elle voyage sa littérature, de Toulouse au Montana, alors que l’auteure professe un goût immodéré pour la sédentarité. En la lisant, on se demande parfois d’où lui vient cette connaissance des humains, alors qu‘elle aime rester dans son bureau pour écrire ? D’où lui vient cette familiarité avec les désespérés, les fracassés de l’existence ? On n’en saura rien mais on ne pourra s’empêcher de remarquer que la filiation, la vie sensuelle brute et brutale, l’errance à travers un monde impitoyable sont des thèmes récurrents.

Et tout cela dans une langue dure comme un silex et chatoyante comme un paquet de rubis dans les mains de l’aventurier.

Elle aime les auteurs peu bavards, elle aime que la femme ait une place dans la littérature, elle aime regarder la réalité en face, elle aime Rick Bass et Béatrix Beck, Violette Leduc, Robert McLiam Wilson et Akhmatova…

Elle écrit aussi pour les enfants, ce qui lui permet d’exercer son humour avec bonheur.

Francesco Pittau, auteur-illustrateur

-> Sa fiche sur le site du CRL
-> Son blog : http://anna-de-sandre.blogspot.fr/

 

Haut de page