Auteurs lauréats 2017

Publié le par
virginie

Les auteurs lauréats 2017 sont : Luana Azzolin (traduction d’une BD / langue : portugais), Laura Brignon (traduction d’un roman / langue : italien), Lilian Coquillaud (BD), Sibylle Delacroix (album littérature jeunesse), Arno Lambert (BD – livre artisanal), Albert Lemant (roman illustré), Frédérique Martin (littérature jeunesse – série), François-Henri-Soulié (roman), Michèle Teysseyre (roman), Mélusine Thiry (album littérature jeunesse), et Pauline Alphen (roman pour adolescents – série)

Luana Azzolin

Luana Azzolin © Thomas Jarry

Luana Azzolin © Thomas Jarry

Luana Azzolin est insaisissable. Comme les mots, elle se prête mal à une définition simple ; et comme toute traduction, elle est unique. Du Brésil, son pays natal et son humus, elle a gardé une jouissance de la vie teintée de saudade. Ce mot, si difficile à traduire sans trahir, est peut-être celui qui la dessine le mieux.
Choisissant d’approfondir loin de son nid ses études et expériences littéraires, elle découvre la France en 2006 ; d’abord Nice, puis Toulouse deux ans plus tard. Dix mille lumières auditives et autant d’ombres blanches ont été au rendez-vous.
Luana Azzolin, c’est la vie, la joie mêlée aux tourments. Des yeux noirs pétillants qui se nourrissent de surprises et de sursauts. Elle sait transformer les angoisses de l’ « heure du vide » en aventures littéraires à multiples facettes. Bibliothécaire, libraire, enseignante, auteure de nouvelles, traductrice… Un pas de plus et elle crée en 2012 sa maison d’édition – Tupi or not tupi –, publiant d’abord des recueils et des nouvelles, puis un roman, Dame de Nuit, de Manoela Sawitzki.
Son rôle d’éditrice et de traductrice, celui de nous faire découvrir des sécrétions de l’esprit, elle l’a sublimé par la publication en 2016 de L’odeur du siphon du remarquable écrivain Lourenço Mutarelli. Une perle rare qui revêt toutes les qualités que l’on attend d’un livre : drôle et intelligent, sage et tordu, addictif et obsessionnel ; avec un graphisme et une écriture hypnotique dont on ressort transformé.
En parallèle, Luana Azzolin suit le chemin d’un doctorat en littérature. D’une manière plus fidèle à son âme, nous dirons d’elle qu’elle soigne les mots. C’est suffisant et cela en dit beaucoup. Assez pour se réjouir de lui voir confier la traduction d’une bande dessinée du même Lourenço Mutarelli, dont l’originale a remporté l’« Oscar » de la BD brésilienne. Une nouvelle expérience lucidogène à venir.

Sébastien Marc, auteur, correcteur, directeur de collection

Projet soutenu : traduction (langue portugaise : Brésil) de la bande dessins Diomedes A trilogia do acidente de Lourenço Mutarelli

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Laura Brignon

Laura Brignon ©  DR

Laura Brignon © DR

J’ai connu Laura à l’occasion de la Fabrique franco-italienne du Collège international des traducteurs littéraires d’Arles en 2011, où elle traduisait le flamboyant Voyage en Éthiopie de Curzio Malaparte. Je ne sais pas si j’ai été plus charmée par sa spontanéité souriante ou par la rigueur entêtée de ses interrogations de traductrice à l’ouïe fine. À coup sûr, intensité et passion la guidaient et ses choix en témoignent si on trouve dans sa bibliographie Les mots sont des pierres de Carlo Levi, Case départ de Nicola Lagioia ou Le chien, la neige, un pied de Claudio Morandini.
Tandis qu’elle creusait son sillon de traductrice professionnelle en collaboration avec plusieurs maisons d’édition et participait à Meridiem (collectif éditorial qu’elle a fondé avec ses cinq consœurs de la Fabrique), Laura a débusqué un monstre littéraire : le manuscrit original de Terra matta de Vincenzo Rabito, un paysan sicilien semi-analphabète, auteur d’une autobiographie fleuve dans un italien hors normes pétri de sicilien. Déjà le statut irrégulier du texte original fait de sa lecture une véritable odyssée linguistique. Que dire du pari de le traduire en français ? Laura le prend pour objet d’une thèse de doctorat et s’attelle à la traduction elle-même, dont les résultats brillants ont réjoui ses collègues du séminaire ViceVersa organisé par le collège de Looren (Suisse) et Atlas en 2016.
Oui, Laura possède le sérieux des excentriques et la fantaisie des scrupuleux : l’idéal pour une traductrice.

Dominique Vittoz, traductrice d’auteurs italiens (Arles).

Projet soutenu : traduction d’un roman (langue italienne) Autobiographie de Vncenzo Rabito

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Lilian Coquillaud

Lilian Coquillaud © DR

Lilian Coquillaud © DR

Lorsque Lilian fait une salade, il invite ensemble la clémentine, l’endive et la patate cuite comme de notables voisins et non la classe indigente de son frigo. Assis sur un tabouret tripède en fourrure, le convive observe son hôte s’agiter dans sa minuscule cuisine toulousaine, l’œil froncé, le poignet ferme tandis que des ingrédients que nulle recette n’ose réunir dansent une esquisse sous ses yeux pétillants. Sa technique, il ne l’a apprise nulle part. Le temps, le regard et la persévérance ont été sa seule brigade. Sa batterie de pinceaux émoussés et de mines graphites émondées en témoigne : Lilian est maître de la texture. Un peu épaisse, rêche, il aime travailler avec des poudres variées qui donnent cette profondeur à ses créations. De ses jus bistres surgit toujours l’éclat délicat d’un horizon clair : crème blanche et pure, qui délaye l’amertume. Regarder une création de Lilian Coquillaud c’est comme contempler un paysage inconnu. Les odeurs qui vous parviennent, sont celles de son enfance en Corrèze : mousse de  chêne vert, spores de cèpes et ruisseau soufré. Les couleurs vives évoquent sa joie de vivre insouciante, mais ces lavis plus sombres interrogent. D’où lui vient cette sauce noire ? Encre de seiche, pigment de gombo ? Enfin, vous goûtez : sucré salé ravissant qui exhale une essence forte, inconnue. Lilian, impatient, guette votre réaction. Sa petite moustache frémit, mais vous ne savez quoi lui dire : vous avez oublié que le sublime fasse cet effet là.
 
Marine Levéel, scénariste, réalisatrice

Projet soutenu : dessin d’une BD, Battue, sur un scénario de Marine Levéel

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Sibylle Delacroix

Sibylle Delacroix © DR

Sibylle Delacroix © DR

- J’ai du mal avec l’écriture de ton prénom, Sibylle, je ne sais jamais où mettre le Y ? ! …
- Après le B, sinon, si tu mets un I, ça fait bille !
Voilà, c’est pragmatique, simple et drôle et depuis cette explication, je ne me trompe plus.
J’ai rencontré Sibylle lors d’un covoiturage pour aller dans un salon du livre jeunesse perdu dans les montagnes. Enfermer deux inconnues dans une cage métallique en mouvement sur un long trajet sinueux en plein été, aurait pu être rédhibitoire, mais pas du tout ! Ce fut un joyeux voyage,bavard, ponctué de nombreux rires. Là aussi, ce fut simple, drôle et pragmatique. Ça m’a plu. On part d’ici pour aller là, on discute, on fait connaissance, on rit, quoi d’autre ?…

Sibylle est auteur illustratrice d’albums jeunesse, là aussi c’est un fait, simple comme bonjour. Un bonjour teinté de plat pays qui chante légèrement. Un bonjour « droit dans les yeux » qui oscille entre rire et gravité tout comme ses textes et illustrations.
Du haut de ces 3m60, elle manie avec dextérité les pinceaux pour raconter ce qu’il se passe derrière la peinture, sous la touche, sur l’envers de la couleur.
Quand elle prend les crayons, c’est pour s’attacher à la profondeur du trait avec douceur et précision.
Elle hésite, cherche le mot juste, celui qui se voit et l’image qui s’entend… Ça se complique, il n’est plus question de pragmatisme, elle fouille, essaie, recommence. Ça aussi, ça me plaît, le questionnement, l’exigence, la maladresse…
Le travail de Sibylle est tout cela, parsemé d’humour, indispensable !
Allez voir !

Claire Garralon, auteur-illustratrice d’albums jeunesse

Projet soutenu : album jeunesse sur le thème du chagrin et de la tristesse, Les larmes

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Arnaud Lambert

Arno Lambert © DR

Arno Lambert © DR

OUDIN OJJO

Un premier jour, Arnaud quittait sa Vendée pour aller à Nantes.
Le jour suivant, Janus et Oudin regardaient la mer. Encore dotés de leurs patronymes civils, ils se départageaient sur qui d’entre eux hériterait du surnom Janus, et qui aurait Oudin. Puis tout naturellement, tout se mit en ordre ; quinze ans plus tard il serait impensable que leurs surnoms soient inversés.
Un autre jour, dans un appartement rue de la sirène, ils étaient réunis avec Jakin et Oton. À eux quatre, ils formaient le OJJO, cette famille artificielle née dans les couloirs de l’Université de Nantes. Véritable nucléus du fanzine Fume ta Moustache (actif depuis 2003), ils dessinaient toute la nuit en écoutant radio Nostalgie, entourés d’une dizaine d’auteurs réguliers.
Un jour et quelques années plus tard, Oudin Ojjo découvrait, un an durant, les à-côtés de l’Université Libre de Bruxelles. Et revint avec beaucoup de matière pour ses fanzines, seuls ou collectifs.
Le lendemain d’un Séjour Sentimental bruxellois, il était sérigraphe à Nantes chez Pan !. Le jour suivant, il était photocopiste pour son double maléfique, Poum Photocopies. Et pendant ce temps, son premier livre à compte d’éditeur ressemblait formellement à un fanzine.
Un jour de Fête de la Musique dans le Lot, il décidait de rester un peu dans la région, pour redevenir sérigraphe à l’Imprimerie Trace, et pourquoi pas typographe. Et s’occuper de la collection de fanzines chez Super Loto Éditions.
Un jour prochain, il terminera sa série de fanzines sur un groupe de rock fabulé, « Groupe Ballard », et en fera un livre.

Camille Escoubet, éditeur (Super Loto Éditions) et typographe (Imprimerie Trace).

Projet soutenu : livre d’artiste – monographie  sur le groupe de musique fictif Ballard, Groupe Ballard / Surrendings

Albert Lemant

Albert Lemant © Franck Jarrot

Albert Lemant © Franck Jarrot

Albert Lemant, né à Paris en 1953, n’oublie jamais d’où il vient.
En 1972, il entre à l’atelier Georges Leblanc à Paris pour y apprendre la taille-douce. Il y travaille quatorze années.
La formation exigeante qu’il y reçoit donne très vite à Albert le goût du travail bien fait, où chaque jour l’on doit remettre l’ouvrage sur la presse, où le temps s’écoule au rythme de la création. Albert se définit artisan, au sens noble du terme. Il sait l’importance de l’encre, du grain du papier, de la patience, de l’extrême minutie au service de l’œuvre qui apparaîtra sur la feuille blanche choisie avec soin.
Oui Albert Lemant n’oublie jamais le temps de sa jeunesse, et ses livres, qu’ils soient uniques, conçus et façonnés dans son atelier, ou publiés par ses éditeurs, se constituent de cet ADN originel. (Gustave dort, Atelier du poisson soluble)
Albert Lemant est créateur de mondes, peintre, illustrateur, écrivain et graveur.
Dans le mot « graveur », il y a « grave », il y a aussi « rêveur ».
Le hasard ? …
Albert est en effet un homme grave : son histoire familiale l’explique en partie. Mais l’humour qu’il cultive avec la constance d’un jardinier, dans sa vie, dans le dialogue avec ses amis, dans ses livres, atténue cette gravité. (Les Ogres sont des cons, L’ABC de la Trouille).
Albert est aussi un rêveur, un inventeur de mondes. (Lettres des îles Girafine, Seuil jeunesse ; les expositions dérivées).
Installé depuis 1986 dans les Baronnies au cœur des Hautes-Pyrénées avec sa femme Kiki, artiste-plasticienne, Albert compose une œuvre multiforme dans une maison-atelier incitant au voyage immobile. Dans ses montagnes, il porte sur le monde un regard attentif et distancié, monde qu’il ne cesse d’interroger.

Catherine Gentile, enseignante documentaliste, formatrice en littérature de jeunesse et en bande dessinée, directrice du festival du livre de jeunesse et BD de Cherbourg

Projet soutenu : roman illustré, carnet de voyage Retour au Vall d’Oubly

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Frédérique Martin

Frédérique Martin © Emmanuel Grimault

Frédérique Martin © Emmanuel Grimault

Elle est toujours là où on ne l’attend pas. Frédérique Martin possède le don, plus rare qu’il n’y paraît, de sans cesse se renouveler. Livre après livre, genre après genre, elle furète, elle farfouine, elle explore. Dans sa quête de terres inconnues, une seule boussole, l’exigence du vrai, et, pour la guider, une unique constellation, la musique des mots. Maigres bagages, dira-t-on, mais diable que le voyage est beau ! Ses personnages nous surprennent, ses dialogues nous saisissent, ses poèmes résonnent en nous telle une flèche d’or fichée au cœur de l’essentiel. Lire Frédérique Martin c’est se déprendre de nos habitudes, de tous ces mécanismes inconscients qui figent par avance le réel, pour porter soudain un regard neuf, incroyablement juste, sur nous-mêmes et sur le monde. Chacun de ses livres nous réapprend à voir, à sentir, à tendre l’oreille pour écouter vraiment.
Nulle théorie chez elle, nul artifice d’écriture, nulle réponse non plus : elle questionne, elle ouvre des chemins, des possibles, des perspectives insoupçonnées, et dès les premiers mots, zou ! nous voilà embarqués ! Difficile de lâcher l’un de ses livres une fois commencé, les histoires qu’elle mitonne nous tiennent en haleine. Démons ou merveilles, effroi ou joie, impossible de deviner ce qui nous attend au coin du bois, alors, avec une âme d’enfant nous tournons les pages, guettant le frisson de plaisir ou de peur.
Dans ses marmites, en littérature jeunesse ce coup-ci, mijote son prochain roman, quelques ingrédients au hasard : MichMouch, une fillette de dix ans rêvant plus tard de porter fière moustache ; une cabane de pêcheurs près d’un étang magique ; un grand-père à surveiller de près car il s’endort, le bienheureux, au fil de l’eau ; une bête étrange qui lance, mélancolique, un cri de cornemuse ; une bande de braconniers lancés à sa poursuite… Qui s’inscrit pour l’aventure ?

Fabienne Ferrère, auteur

Projet soutenu : roman pour adolescents, Michelle Moustache

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François-Henri Soulié

François-Henri Soulié © DR

François-Henri Soulié © DR

Comment pourrais-je détailler les nombreuses facettes de ta personnalité et de tes talents ? Comment expliquer que tu es avant tout un comédien, donc un homme de paroles, qui connaît et sait faire ressentir le sens profond des mots lorsqu’il les dit ? Comment raconter combien de personnes ont découvert des textes, pour elles jusque-là insipides, grâce à ta belle voix grave et à ta diction parfaite et engagée ?
Comment dire qu’en homme de théâtre complet tu as écrit des pièces, montées et jouées par les plus grands, dans lesquelles l’enjeu dramatique prenant est servi pas des dialogues vifs et stimulants dans lesquels tu excelles ? Comment parler de tes spectacles de marionnettes où les références subtiles à la mythologie côtoient des jeux de mots foireux (de foire, donc populaires et ludiques) pour le plus grand plaisir des petits et grands ?
Comment relater tes entrées fracassantes dans le domaine du roman policier, là où tu mets en scène un Rouletabille contemporain et là où tu t’aventures dans les siècles passés pour nous entraîner dans les enquêtes de ton « grand détective » ? Comment décrire ton respect du lecteur de polar auquel tu proposes des divertissements de qualité dans une langue choisie et fleurie et où affleurent des réflexions excitantes sur notre époque ?
Comment te dépeindre, toi, le pessimiste de raison qui sait savourer les présents du présent et les faire partager à tes nombreux amis ?
Comment rapporter ton inlassable activité, tes projets sans cesse renouvelés, comme celui, récent, de faire d’une caverne un lieu de rencontres ouvert à des pratiques culturelles diverses ? Comment faire comprendre que, la soixantaine bien engagée, tu restes un dilettante convaincu et militant dont la devise semble être : Il n’est jamais trop tard !

Jacques Griffault, ancien libraire et créateur du festival littéraire « Place aux nouvelles » à Lauzerte (82)

Projet soutenu : roman, texte à mi-chemin entre le roman et le récit sur la vie de l’ermite Alain Carcenac, L’Homme des cavernes

Michèle Teysseyre

Michèle Teysseyre © Joël Attard

Michèle Teysseyre © Joël Attard

Elle est née à Toulouse où elle vit, peint et écrit, mais c’est  par le biais de la gastronomie avec Saveurs et senteurs de la Sérénissime (éd. Clairsud, 1999) qu’elle consacre à sa ville de prédilection, Venise, un premier livre. Elle poursuit avec  Moi, Veronica Franco, courtisane à Venise (Clairsud éd 2007), roman évoquant une courtisane lettrée et musicienne parmi les plus célèbres de Venise au 16e siècle. En 2011, elle consacre son deuxième roman, La Tintoretta  (Claisud) à la fille du Tintoret, peintre vénitienne, Marietta Robusti. Plus récemment, c’est avec  Loin de Venise. Vivaldi, Rosalba, Casanova (éd. Serge Safran, 2016) que l’amoureuse de la cité des Doges nous dépeint trois de ses fervents admirateurs qui y ont connu la gloire et alors qu’ils en sont exilés. Trois récits que le thème unit, et l’élégance du style de l’auteure. Et bien sûr Venise.
Il ne faut pas oublier que Michèle Teysseyre est peintre et participe à des  expositions où la Sérénissime trouve sa place, ni qu’elle est cinéaste et lui a consacré un documentaire. Ce qui n’empêche pas son cœur de battre en Occitanie. Preuve en est l’intérêt qu’elle porte au Canal du Midi à travers deux romans historiques, Monsieur Riquet et Moi, Jean Pigasse, ouvrier du Canal (éd. du Cabardès 2017) ainsi qu’un film documentaire en collaboration avec Jean Périssé, La Fabuleuse Histoire de monsieur Riquet (2014).
Pour faire bonne mesure, il faudrait encore citer son  Marco, récit d’un autre voyage, (Centro Internazionale della Grafica di Venezia, 2007 – Édition bilingue) où en quelques poèmes en prose se trame le voyage intérieur parallèle au voyage réel en Chine de Marco Polo, l’explorateur-marchand vénitien. « Nous rêvons nos vies » lui fait dire  Michèle Teysseyre ; de sa belle écriture, elle nous aide en tout cas à rêver les nôtres sur un fond de lagune…

Michel Baglin, poète

Projet soutenu : roman et enquête sur fond de mémoire familiale, Patagonie

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Mélusine Thiry

Mélusine Thriy © DR

Mélusine Thriy © DR

Parler des livres de Mélusine Thiry, c’est commencer par imaginer : imaginer avec les yeux un univers de lumière, de couleur et d’ombre, dans lequel on peut croiser, en se promenant doucement au milieu des bois, un couple d’oiseaux couronnés, un homme à tête de cerf ou de lièvre, un banc de poissons qui volent, une maison avec ses racines, ou encore un enfant sur la tête duquel pousse une forêt… Tous nous murmurent à l’oreille des mots qui bercent ou chatouillent, interrogent et encouragent. Leurs histoires nous incitent à sentir, respirer, inventer.

Formée à l’audiovisuel et à l’éclairage, Mélusine décline son travail d’auteur-illustratrice jeunesse et de plasticienne et vidéaste autour de la lumière et de l’ombre. En privilégiant la matière, le grain, les limites de la transparence et du flou, les superpositions de plans, elle fait naître ces zones où les contours s’estompent, se brouillent, pour nous faire entrevoir d’autres chemins de traverse, d’autres poésies possibles, des lieux où passer à côté, derrière, où se perdre à rêver ou grandir autrement. En sculptant des silhouettes, par un travail très fin de papier découpé, elle crée les figures d’un imaginaire fantastique inspiré de la nature et du monde animal, peuplé de créatures étranges mais familières à l’enfance, bienveillantes.
Ces personnages sont prêts à tous les voyages, même intérieurs, et c’est cela qu’ils nous racontent, entre légèreté et profondeur : un cheminement dans le monde.

Sarah Darnault – comédienne marionnettiste

Projet soutenu : album jeunesse sur le lien amical entre l’enfant et l’invisible, Sur les épaules de l’Invisible

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Pauline Alphen

Portrait bientôt disponible

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