Cadenas Le sujet des DRM est un sujet épineux qui peut être abordé sous différents angles. Pour les bibliothèques de l’Albigeois, les choses ont été claires dès le départ concernant le contenu des liseuses : nous voulions proposer des titres récents à nos usagers. D’autre part, les titres choisis l’ont été parce qu’ils entrent dans une politique documentaire globale, leur acquisition s’est faite en cohérence avec les acquisitions des autres documents, notamment des « livres papier ». À aucun moment il n’a été question de choisir les titres en fonction d’un format de fichier ou de la présence (ou absence) de DRM.

Nous aurions pu aborder ces contenus autrement, et choisir de ne proposer que des titres tombés dans le domaine public, ou des titres sans DRM. Cette solution ne nous semblait pas vraiment satisfaisante puisqu’elle restreignait encore un catalogue de titres numériques déjà peu fourni. De plus, les DRM, bien que fort contraignants, restent gérables au quotidien [voir ici la liste des billets avec le tag "DRM"].

Dans la liste des titres que nous proposons à nos usagers, il y en a quand même certains qui ne comportent pas de DRM. La question qui se pose est alors : que fait-on de ces fichiers et comment les déploie-on sur les liseuses ? En clair : puisque le fichier n’est pas bridé par un DRM, est-ce qu’il peut être copié sur toutes les machines ? Techniquement, il peut être copié autant de fois qu’on le souhaite, oui. Mais est-ce « honnête » ? Personnellement, ça me pose un vrai cas de conscience. Nous avons 24 liseuses sur le réseau, nous projetons de doubler ce parc de machines début 2013, et je ne m’imagine pas copier un même fichier – qui n’aurait donc été payé qu’une seule fois – sur les 24 (voire 50 en 2013) liseuses. Il me semble que l’on ne peut pas demander aux éditeurs de faire un effort sur le prix et sur la suppression des DRM, et parallèlement à ça n’acheter le fichier qu’une seule fois et le multiplier un nombre infini de fois.

Actuellement, dans la façon dont nous avons mis le projet en place, les fichiers sans DRM ne sont copiés que sur 5 liseuses, tout comme les fichiers avec DRM.

De mon point de vue, le problème des DRM n’est pas le nombre de copies autorisées mais la trop grande rigidité de la gestion qui en est actuellement proposée. Clairement, aujourd’hui, les titres achetés par les médiathèques de l’Albigeois dépendent d’un ordinateur bien précis et de 5 ID Adobe. Les ID Adobe ont tous le maximum de machines identifiées possible. Que se passera-t-il si cet ordinateur tombe en panne ? Ou si une liseuse tombe en panne ? Il existe toujours la possibilité de demander un accès supplémentaire à Adobe, mais ce n’est pas très ergonomique ni réellement satisfaisant.

Évidement, la solution la plus simple serait qu’il n’y ait plus de DRM… ou bien que l’on puisse gérer un nombre maximum de copies d’une autre façon. L’idée ne serait pas de « truander » les éditeurs (distributeurs et autres) en achetant un fichier le moins cher possible et en le dupliquant sur un grand nombre de machines ; l’idée serait simplement de trouver un compromis sur un tarif qui serait raisonnable, qui engloberait un certain nombre de copies simultanées par exemple (la notion de prêt de fichier numérique n’a aucun sens), mais sans la rigidité de la « dépendance physique » avec des machines bien identifiées. Nous pourrions alors charger des machines à la demande, ou permettre aux usagers de lire nos fichiers sur leur propre matériel… Ce ne serait pas la solution miracle, mais ce serait déjà une belle amélioration.

En attendant, on va continuer à gérer nos machines et nos ID Adobe…

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Illustration par mric077 – Flickr

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