Voilà maintenant 6 mois que les tablettes sont proposées en consultation dans les bibliothèques participant à l’expérimentation. Je vous propose donc de dresser un petit état des lieux concernant leur utilisation et leur consultation.

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, les usagers ne se sont pas bousculés au portes des médiathèques pour découvrir ces nouveaux supports et les ressources numériques mises à leur disposition. L’expérimentation a débuté plutôt calmement avec des consultations très ponctuelles. Les usages des tablettes sont multiples et varient en fonction des publics.

De façon générale, les enfants font preuve de beaucoup de curiosité et n’hésitent pas à naviguer dans les contenus, à ouvrir les différentes applications proposées dans le bouquet jeunesse. La prise en main de la machine est rapide et intuitive mais nécessite quand même un accompagnement pour les plus jeunes (de façon à éviter les manipulations hasardeuses). Pour les adolescents, la tablette a tendance à se substituer aux ordinateurs de la bibliothèque pour la consultation d’Internet (messagerie, réseaux sociaux) et les jeux (Angry Birds). Les contenus mis à disposition sont rarement explorés.

Chez les adultes, 3 grandes catégories d’usagers peuvent être identifiées : le curieux, le fidèle et le consommateur.

L’usager curieux est une personne âgée, ou un adulte souvent accompagné d’un enfant, qui souhaitent découvrir la tablette et les contenus proposés. Pour ce public, la manipulation de la tablette est beaucoup moins intuitive que chez les plus jeunes et un accompagnement est donc indispensable pour une première prise en main. Les consultations suivantes, si elles ont lieu, se font généralement de façon autonome. 

L’usager fidèle est assidu mais rare. Il consulte régulièrement la tablette pour accéder à une ressource bien spécifique (la bande dessinée presque exclusivement).

Enfin l’usager consommateur est celui qui se rend à la médiathèque pour tester les différents modèles de tablettes, obtenir des informations pratiques en vue d’un achat. Il ne n’intéresse pas du tout à l’offre de contenus proposée.

Un autre public qu’il convient également de signaler est celui des réfractaires (non utilisateurs du service) qui ne manquent pas d’interpeller les bibliothécaires sur le danger que représentent ces nouveaux supports pour le livre papier.

Dans tous les cas, nous noterons que les personnes ayant consulté les tablettes étaient déjà inscrites dans les médiathèques. Pour le moment, ce nouveau service n’a donc généré aucune nouvelle inscription et n’a donc pas servi de « produit d ‘appel » permettant d’attirer de nouveaux publics.

Pour finir, on constate que l’expérimentation fonctionne très bien dans les médiathèques qui ont mis en place des ateliers permettant de découvrir les ressources proposées. Pour le moment ces ateliers concernent exclusivement le jeune public (scolaires, centres de loisirs) et ils fonctionnent très bien. D’autres médiathèques utilisent la tablette pour accompagner et compléter leurs animations, ce qui permet de mettre certaines ressources en valeur et d’apporter une plus-value (le côté interactif de la tablette offre de nombreuses possibilités).

Ce travail de médiation et d’accompagnement auprès des usagers demande beaucoup de temps et d’organisation mais il est fondamental pour que ce nouveau service puisse rencontrer le public. Plus les portes d’entrée vers ces nouvelles ressources seront nombreuses, plus elles seront visibles et consultées.

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