Bilan d’étape en deux parties bien distinctes : les liseuses d’abord, puis les tablettes. Deux machines réellement différentes dans les approches et les usages. Date de lancement de l’expérimentation : 02 juin 2012.

1. Le prêt des liseuses :

1.1. Le parc de machines, les conditions de prêt et le « package »

  • 24 liseuses réparties sur 5 structures (16 pour Albi et ses 3 structures, 4 pour Lescure, 4 pour Saint-Juéry).
  • 2 modèles différents : Cybook Odyssey et Sony PRS-T1.
  • Proposées en prêt au même titre que les autres documents des médiathèques. Prêtées 4 semaines jusqu’à fin septembre, puis 3 semaines depuis octobre. Prêt sur présentation de la carte d’adhérent, sans condition supplémentaire ni charte d’utilisation.
  • 169 titres numériques, dont 158 titres sous droits (avec ou sans DRM) répartis en 5 « lots ».
  • Toutes les liseuses ont été dépouillées, donc possibilité de recherches sur les titres et les auteurs.
  • Prêtées « packagées » : tutoriel d’utilisation, liste des titres enregistrés sur la machine (environ 35 titres par liseuse), questionnaire de « satisfaction », et petit formulaire où il est demandé aux usagers de bien vouloir nous citer les titres lus intégralement (pour des statistiques pour la politique documentaire et pour mieux répondre à leurs attentes).
  • Certaines sont prêtées avec un câble (les Cybook parce que la batterie ne tient pas toujours le choc des 3 semaines, et deux ou trois Sony pour la même raison).

1.2. Les emprunteurs : qui emprunte, pourquoi, et à quelle fréquence ?

(Données à jour au 15 décembre 2012 – Soit 28 semaines après le lancement du 02 juin 2012)

  • Les liseuses ne sont pas toutes chargées avec les mêmes titres, il y a 5 sélections ou « packs » de titres. On se rend compte que les usagers choisissent la liseuse en fonction des titres enregistrés, non en fonction du modèle de la liseuse. L’approche se fait donc par le contenu, non par le contenant.
  • Un questionnaire est proposé lors de chaque emprunt, il a pour but de nous aider à définir le profil de l’emprunteur, son utilisation de la machine, et son avis sur les contenus. Ce questionnaire n’est pas systématiquement complété. Il se dégage néanmoins un profil type :
    • Une femme qui a entre 25 et 49 ans (talonnée de très près par les « entre 50 et 65 »), qui lit plus de 15 livres par an (largement majoritaire). Cette personne lit en général des romans contemporains et des polars, au format « normal » ou poche de façon indifférente ; elle emprunte en général ses livres à la médiathèque (par comparaison à un achat ou un prêt d’un ami).
    • C’est une personne à l’aise avec Internet sans forcément être une experte de la navigation, avec généralement une adresse mail mais une faible activité sur les réseaux sociaux.
    • Cette personne a feuilleté plusieurs livres, en a lu intégralement entre 1 et 5. Elle est satisfaite des livres proposés sur la liseuses, mais attend que l’on augmente le fonds, notamment avec des polars.
  • Les liseuses sont constamment sorties, les usagers sont obligés de passer par une réservation pour pouvoir emprunter une machine.
  • Deux profils d’emprunteurs se dégagent :
    • l’emprunteur « consommateur » des ouvrages de la médiathèque, il cherche de la lecture, numérique ou non. Il cherche des titres récents à lire et approche donc la liseuse par son contenu. Il n’a pas forcément envie de s’équiper (prix trop élevés, appréhension de la technique, etc).
    • l’emprunteur « futur acheteur » qui cherche à tester la machine (par l’intermédiaire d’un titre qui lui fait envie), et qui envisage de s’équiper. Ce lecteur est beaucoup plus en demande d’informations : modèle des machines, techniques de téléchargement, où acheter les titres et à quel prix, etc.
  • Le fait que les liseuses ne soient pas chargées avec les mêmes titres, on remarque très fréquemment que des utilisateurs ayant déjà emprunté une liseuse en empruntent d’autres pour lire de nouveaux titres.

1.3. L’accompagnement et les aspects techniques

L’accompagnement :

  • En règle générale, les usagers sont autonomes dans l’utilisation de la liseuse. Certains nous demandent de démarrer la machine au moment du prêt pour faire une première mise en main en notre présence, mais c’est assez rare.
  • Les emprunteurs ont également de la possibilité de nous joindre par téléphone (médiateur numérique ou chef de projet numérique) ou par mail (adresse médiateur numérique). Là encore, il est rare que les emprunteurs nous contactent.

Les aspects techniques :

  • Création de 5 comptes Adobe pour la gestion des fichiers comportant des DRM.
  • Les livres numériques ont été achetés sur la plateforme ePagine par l’intermédiaire de la librairie Ombres Blanches à Toulouse. Les titres ont été sélectionnés par les acquéreurs habituels ; ils ont été téléchargés et enregistrés sur les liseuses par la chef de projet numérique.
  • Les liseuses sont nettoyées de leurs fichiers temporaires entre chaque prêt (dernière page lue, signets, notes…). Un tutoriel est proposé aux référents en charge de ce nettoyage dans chaque structure. Ce nettoyage ne prend que quelques secondes.
  • Certaines machines (uniquement des Cybook Odyssey) se sont déconnectées de leur ID Adobe, empêchant alors la lecture de tous les titres comportant des DRM. La « reconnexion » à l’identifiant n’est pas aisée.
  • Le parc de Sony PRS-T1 se gère beaucoup plus aisément que le parc de Cybook Odyssey grâce au logiciel « Reader for PC » qui synchronise automatiquement l’ordinateur et la liseuse.

1.4. Évolutions à venir / Améliorations à prévoir

  • Forte demande des liseuses, longues listes de réservataires. Nécessité d’augmenter le parc, ce qui sera fait début 2013. Le parc sera doublé, 50 liseuses seront disponibles à l’emprunt.
  • Nécessité également d’augmenter le fonds de titres proposés dès début 2013.
  • Bien que les liseuses soient fortement demandées, nécessité de travailler sur la mise en valeur de ce fonds.
  • Les liseuses comportent chacune environ 35 titres de plusieurs genres différents : romans, policiers, SF, romans pour adolescents, classiques… Doit-on continuer sur ce schéma ou faut-il prévoir des liseuses thématiques (liseuses « tout polar » ou « tout ado », par exemple) au risque de voir certaines de ces liseuses rester sur rayon ?

2. La consultation des tablettes

2.1. Le parc de machines et les conditions de prêt

  • 14 tablettes dont 10 proposées aux usagers et réparties sur 3 structures (6 à la médiathèque Amalric à Albi, 2 à la médiathèque de Saint-Juéry, 2 à la médiathèque de Lescure) [Initialement, la ludo-médiathèque de Cantepau et le médiabus (commune d'Albi) devaient également proposer des tablettes à leurs usagers, mais des problèmes techniques sont toujours en cours de résolution.]
  • 2 modèles différents : iPad 2 et Samsung Galaxy Tab
  • Proposées en consultation sur place sur présentation de la carte d’adhérent, sans condition supplémentaire ni charte d’utilisation.
  • Les tablettes, bien que proposées uniquement en consultation sur place, sont enregistrées sur la carte d’adhérent pour responsabiliser l’usager et pour générer des statistiques de consultation. La carte est rendue à l’usager au retour de la tablette.
  • Les tablettes sont chargées avec différentes applications : presse locale, nationale, internationale ; actualités cinéma et sport ; livres ; loisirs ; culture… A noter : des applications pour la jeunesse ne sont proposées que sur les iPads ; l’accès à la plateforme « izneo » (bandes-dessinées) n’est proposé que sur les Galaxy Tab.
  • Un questionnaire de « satisfaction » est proposé aux usagers.

2.2. Les emprunteurs : qui emprunte ? Pourquoi ? À quelle fréquence ?

(Données à jour au 15 décembre 2012 – Soit 28 semaines après la mise à dispo du public)

  • Clairement, deux types d’usagers :
    • L’usager « consommateur ». Il est différent selon les structures :
      • à Amalric (médiathèque centrale d’Albi, sur deux niveaux) : est un(e) adolescent(e), un(e) jeune adulte, ou un gros consommateur des postes connectés à Internet ;
      • à Saint-Juéry et à Lescure (structures plus petites) : est un(e) adolescent(e) ou un père/une mère avec des enfants en bas âge.
    • L’usager « futur acheteur » : vient tester la machine (très souvent les deux modèles) en vu d’un futur achat. Cet usager est réellement en demande d’informations : où acheter et à quel prix, différences entre les modèles des machines, points forts/points faibles de chaque modèle… C’est en général une personne de plus de 55 ans qui souhaite s’équiper ou équiper des enfants ou des jeunes adultes. Cet usager n’est pas en recherche ou en attente de contenus sur des tablettes au sein des médiathèques.
  • La différence du nombre de prêts entre iPads et Galaxy Tab se tasse. Durant les 3 premiers mois, les iPads étaient 3 fois plus consultés que les Galaxy Tab (certainement dû à la « notoriété » de la machine d’Apple).
  • Les tablettes, bien qu’étant chargées avec un grand nombre d’applications, ne sont généralement utilisées que pour des connexions à Internet (mails, réseaux sociaux, recherches…) ou pour des jeux (Angry Birds…). Les tablettes sont alors un substitut aux postes de consultation d’Internet.
  • Les adolescents ou jeunes adultes qui consultent les tablettes reviennent très régulièrement (une à deux fois par semaine en moyenne). C’est souvent leur principal usage de la médiathèque en plus de l’emprunt de BD et/ou de mangas (peu d’emprunt des autres supports).
  • La plateforme de bandes dessinées « izneo » n’est que très rarement consultée (par manque évident de mise en valeur de ce service).
  • Les tablettes sont beaucoup plus consultées à Amalric que dans les 2 autres structures.

2.3. L’accompagnement et les aspects techniques

L’accompagnement :

  • Tous les agents sont capables de donner des renseignements « de base » : où retirer les tablettes, comment l’allumer… Il y a ensuite une personne référente dans chaque structure (accompagnement plus spécifique des usagers, gestion de la petite technique quotidienne), plus un chef de projet numérique.
  • L’usager « futur acheteur » demande systématiquement à être accompagné (découverte et manipulation de la machine, questions diverses sur l’achat et les fonctionnalités de chaque modèle).
  • Demandes d’aide très fréquentes pour connecter la tablette au réseau WIFI.
  • De façon générale, il y a peu de demandes d’accompagnement de la part de l’usager « consommateur » pour manipuler la machine.
  • Hormis l’aide ponctuelle, aucune animation ou médiation « globale » n’est proposée.
  • Spécificité de la médiathèque Saint-Juéry : un travail d’accompagnement de parents d’enfants en bas-âge a été fait. Les applications pour la jeunesse sont donc beaucoup plus consultées dans cette structure que dans les deux autres. Utilité évidente de la médiation.

Les aspects techniques :

  • Les 3 structures sont équipées d’un réseau WIFI nécessitant une identification. Les tablettes sont automatiquement reconnues par ce réseau sans identification préalable (adressage MAC).
  • Les tablettes sont antivolées (un antivol collé sur la tablette et un antivol collé dans un coin de l’étui).
  • Les tablettes sont vérifiées tous les jours (voire entre chaque consultation lorsque c’est possible) : suppression de tous les fichiers temporaires, suppression des photos et autres documents personnels enregistrés sur la machine, nettoyage physique des écrans, etc.
  • Les tablettes sont toutes stockées au même endroit, ce qui permet une vérification rapide de leur présence lors de la fermeture des structures. Un point « recharge batteries » est installé à côté de l’espace de stockage (table basse et « bloc multiprises »).

2.4. Évolutions à venir / Améliorations à prévoir

  • Gros point noir : manque évident de médiation (ateliers, formations…) et de mise en valeur de ces contenus (rencontres, conférences, expositions…). Gros travail à faire dans ce sens. Sans médiation, les tablettes ne prendront pas tout leur sens au sein des structures.
  • Ateliers « Découverte tablettes » programmés dès janvier 2013.
  • La médiatrice numérique interviendra également avec les tablettes dans des animations non dédiées exclusivement au numérique.
  • Questionnements sur la pertinence des ressources proposées sur les tablettes ? Sont-elles réellement adaptées ? Doit-on dédier certaines tablettes à certains types de publics (pour les enfants, par exemple) ?
  • Questions également sur la visibilité de ces machines au sein de nos structures : comment les faire connaître ? Doivent-elles être bien visibles sur les banques de prêts / accueil / renseignements ou doit-on faire un espace dédié avec des machines attachées ? Les tablettes étant des machines nomades, il ne me semble pas pertinent de les attacher…
  • De plus en plus d’usagers sont en demande d’offres à distance pour des tablettes personnelles.

3. Pour terminer…

  • Nécessité absolue d’avoir un référent (technique, médiation…) au sein de chaque structure, voire même un poste dédié.
  • Les liseuses et les tablettes ne touchent pas les mêmes publics, et ne sont pas abordées de la même façon. Les liseuses trouvent naturellement leur place chez les lecteurs sans forte médiation ; les tablettes, sans médiation, ne sont pas utilisées, ou uniquement pour de la navigation Internet.
  • Ces nouveaux outils sont bien intégrés dans le quotidien des agents des médiathèques. Les agents ont tous été formés avant le lancement de l’expérimentation ; certains ressentent le besoin de se former à nouveau, notamment sur les tablettes.
  • Aucun vol, aucune perte ou détérioration à déplorer de la part des usagers. Une seule liseuse est repartie chez le fournisseur pour un problème de batterie défaillante.
  • Forts questionnements sur la pérennité des machines (notamment les liseuses) et sur les titres comportant des DRM (que faire si l’ordinateur qui gère les ID Adobe tombe en panne ?).

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